Les sous-unités paysagères du plateau viticole de Sèvre et Maine


La localisation du vignoble sur le territoire et surtout la configuration du relief constituent des éléments essentiels de variation des ambiances paysagères. Ainsi, la confluence de la Maine et de la Sèvre Nantaise crée un contexte géomorphologique plus mouvementé qui donne aux paysages viticoles un caractère plus pittoresque. La plus grande régularité du plateau sur le secteur de Vallet et l’importance du vignoble ouvrent de larges panoramas viticoles singuliers. Sur la frange est l’apparition progressive du bocage crée des conditions paysagères spécifiques. C’est également le cas sur la frange nord-ouest dont le relief bascule progressivement vers le val de Loire ou les marais de Goulaine. On distingue ainsi, quatre sous-unités paysagères :
  • Le vignoble entre Loire et Sèvre Nantaise
  • Le plateau bocager viticole
  • Le vignoble de Sèvre et Maine
  • Les marais de Goulaine

Le vignoble entre Loire et Sèvre Nantaise

Au coeur du vignoble, les ondulations du plateau sont douces et les vues s’ouvrent sur de larges panoramas ponctués çà et là de bosquets boisés, de franges urbaines ou de parcs de grandes propriétés. Ces perspectives sur les vignes sont particulièrement intéressantes à l’ouest dans la mesure où le plateau s’incline vers les marais de Goulaine qu’il domine.


Par ailleurs, le plateau est ponctué de nombreux hameaux et borderies qui sont souvent signalés par d’anciens moulins. La structure de ces hameaux, composés autour d’une mare et d’un espace semi privatif est assez complexe avec des volumes construits de dépendances multiples et imbriqués (caves, chais, pressoirs…) dont les propriétaires sont parfois non pas mitoyens mais habitant en face.
Les bourgs sont souvent implantés au cœur du plateau jouant de covisibilités. Ceux présents à proximité de l’axe Nantes Cholet sont l’objet d’une pression urbaine qui se traduit non seulement, par des extensions pavillonnaires importantes, mais aussi par des zones d’activités qui marquent les entrées de bourg ou les principaux échangeurs.
A l’approche du val de Loire et des Marais de Goulaine, le plateau viticole semble basculer vers les prairies inondables ouvrant de longues perspectives sur les vallées. Sur ces larges panoramas, on observe un contraste fort entre le paysage minéral sec de la vigne et le paysage d’eau des marais de Goulaine ou de la Loire. La butte de la Roche marque fortement la direction géologique du socle cristallin et propose un promontoire viticole remarquable sur les marais avec l’agglomération nantaise pour horizon. Là encore, les bourgs et les châteaux jouent de ces covisibilités et de ces interfaces vignes et zones humides. La proximité de l’agglomération nantaise est marquée par une diffusion urbaine pavillonnaire plus importante.

Le plateau bocager viticole


Cette sous-unité « hybride » correspond à la frange est de l’unité paysagère où se mêlent à la fois le paysage viticole et le bocage maugeois. Les parcelles viticoles deviennent de plus en plus petites et s’intercalent progressivement dans la maille bocagère. Les ambiances sont ainsi contrastées alternant entre ouverture et fermeture visuelle, entre viticulture et les prairies cadrées par des haies denses. Sur certains secteurs, des boisements de saules notamment masquent des étangs liés à l’extraction d’argile, notamment dans les environs du village potier du Fuilet dans le département voisin. Les vallées sont là encore très encaissées et le plus souvent ponctuées de hameaux structurés sur le haut de coteau. Perchés sur les plateaux, les bourgs jouent de covisibilités importantes.

Le vignoble de Sèvre et Maine

A la confluence de la Maine et de la Sèvre, le paysage présente un relief plus mouvementé qui fait onduler de manière significative le patchwork des rangs de vigne. Les vues sont dynamisées par les covisibilités entre les bourgs perchés sur le plateau. On notera la mise en scène particulière du bourg de Saint Fiacre sur Maine qui domine la confluence encaissée des deux vallées.
Sur les coteaux boisés, entre les aplombs granitiques parfois escarpés coulent les rivières sur lesquelles semblent flotter les blocs de chaos granitique. Les digues arrêtent les eaux pour faire tourner les nombreux moulins qui ponctuent la vallée. Ancien vecteur de communication, la vallée de la Sèvre est également bordée de hameaux portuaires qui développent une petite façade de quais (comme le port domino au Pallet).


Profitant de ces positions de belvédère depuis les coteaux sur la vallée, de nombreux châteaux se sont implantés au cœur d’un parc boisé dégageant de longues perspectives sur le val. Dans l’enchainement des méandres encaissés, on retrouve les coteaux urbanisés de la ville de Clisson. Rasée pendant les guerres de Vendée (en dehors des anciennes halles et du château où les soldats avaient monté leurs camps), la ville fut reconstruite sous l’inspiration de Cacault et de Mathurin Crucy. Revenant d’Italie où ils décrochèrent leur prix de Rome, ils construisirent des bâtiments où ressortent clairement les influences rustiques toscanes. Le Sculpteur Lemot mit en scène des temples antiques dans un jardin de fabriques d’inspiration anglaise. L’ensemble de la ville s’étage sur la confluence de la Sèvre et la Moine renvoyant encore aujourd’hui aux images des villages toscans perchés au milieu des vignes. Ces paysages de vallées sont à peine visibles depuis le plateau viticole ; ils se distinguent par les coteaux boisés et une légère trame bocagère qui gère les eaux de ruissellement sur les pentes à l’approche des vallées.

Les marais de Goulaine


Le marais de Goulaine est délimité par des coteaux viticoles qui offrent des points de vue remarquables sur cette dépression marécageuse. Ce qui frappe dans un premier temps, c’est peut-être le contraste fort qui existe entre le paysage viticole très structuré et « aride » et les paysages du marais où l’eau est omniprésente, notamment dans la végétation.
Le marais est inondé l’hiver grâce à la gestion d’ouvrages hydrauliques. En été, il est complètement asséché hormis la présence d’un plan d’eau permanent au Pont de L’Ouen, Parmi les immenses prairies à la végétation luxuriante ne sont alors visibles que " les douves ", petits canaux bordés de saules, qui drainent les eaux vers la Loire. Des canaux permettent de relier le marais et les quais et ports des hameaux et bourgs. A l’image du Château de Goulaine, plusieurs châteaux et parcs ouvrent des perspectives sur le marais. L’horizon du marais est marqué par des Bourgs situés en promontoire sur le plateau (Haute Goulaine, La Chapelle Heulin).
Les paysages sont donc contrastés et changent au fil des saisons. La vigne, qui occupe une place prépondérante jusqu’à la bordure du marais, la culture maraîchère et les châteaux dans l’écrin de leur parc au bord du marais donnent aux paysages un aspect pittoresque. La zone inondable est couverte d’une roselière appelée « rouche » dont le fauchage à la belle saison permet de maintenir la zone humide et de protéger la faune et la flore. Les prairies humides sont bordées de saules. Le bocage environnant est constitué de prairies plus ou moins sèches, encloses de haies où le chêne et le frêne dominent, de mares bocagères, de taillis et fossés. Ces 2 zones sont d’une grande richesse et offrent une diversité floristique et faunistique importante. Le développement croissant de la strate arborée et notamment des plantations de rideaux de peuplier tendent de plus en plus à refermer visuellement les espaces du marais et de gommer la spécificité de sa cuvette topographique.

Pour en savoir plus sur l’histoire du marais de Goulaine

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