Les sous-unités paysagères de la Loire des promontoires


Sur cette unité paysagère, le rapprochement des coteaux conditionne très fortement les jeux de covisibilité et surtout l’ampleur du val ; sur les secteurs où le fond de vallée est le plus large c’est véritablement l’occupation du sol qui est déterminante dans la perception du paysage et notamment la variation entre les prairies inondables et les polders maraîchers. On distingue ainsi sur cette unité paysagère de la Loire des promontoires 5 sous-unités paysagères :
  • La corniche viticole maugeoise
  • La Loire de la corniche angevine
  • La Loire de Montjean-sur-Loire à Champtoceaux
  • Le verrou ligérien d’Oudon
  • La Loire du polder maraîcher de la Divatte

La corniche viticole maugeoise

Cette frange nord du plateau bocager maugeois semble basculer littéralement sur le val de Loire. Ce haut de coteau faiblement ondulé est caractérisé par des paysages viticoles ouverts en promontoire sur la Loire. Ponctuant les secteurs de vignes, les bourgs perchés dominent le val de Loire et/ou un vallon secondaire encaissé orienté sud/nord. Ces vallons souvent boisés ou à maille bocagère dense constituent de véritables entailles lisibles dans le coteau sud de la Loire. Cette sous-unité est marquée par un maillage viaire nord sud entre les vallons desservant les bourgs reliés entre eux par une route en corniche remarquable offrant de nombreux belvédères sur la Loire et le coteau nord.



La Loire de la corniche angevine

Cette sous-unité est principalement reconnue pour la route en encorbellement (Corniche angevine) sur la paroi rocheuse du coteau rive gauche (entre Denée et la confluence Layon/Loire). Cette dernière traverse des vallons perpendiculaires verdoyants et à l’échelle intime : ambiance de semi-montagne, contraste des textures dures de la paroi rocheuse et souple de la végétation dense du coteau et de la vallée. Ces coteaux offrent une perception très végétale de la vallée, le regard glisse sur une « mer verte », les houppiers des peupliers qui suppriment tout effet de profondeur et de relief, et occultent la perception des prairies bocagères et l’urbanisation des îles. En hiver, l’absence de feuillages et l’inondation du val donnent toute la mesure de la puissance du fleuve et de l’échelle de la vallée.


la Loire et ses différents bras se répartissent sur l’ensemble du fond de vallée, dessinant de vastes îles, qui présentent une organisation paysagère équilibrée avec alternance d’îles cultivées, urbanisées et souvent fortement plantées, de peupliers et d’ étendues d’eau plus ou moins importantes en fonction des saisons.
La présence relativement récente des peupleraies tend à rompre un équilibre initial, marqué par une alternance entre ligne de frênes, prairies et urbanisation. Cette fermeture des paysages se traduit par la perte de la lecture des écrans successifs, et à l’homogénéisation des paysages voire leur banalisation.
Au nord de la sous-unité, la confluence de la Maine et de la Loire (site classé depuis 2010) constitue une articulation particulière marquée par le petit bourg de la Pointe. Ce paysage ouvert est dominé par l’horizontalité uniquement troublée par l’irisation permanente dessinée sur la surface de l’eau à la rencontre des courants. Une ambiance calme et majestueuse s’en dégage.
La Loire de Montjean-sur-Loire à Champtoceaux Cette sous-unité est caractérisée par un large espace fluvial divisé par de nombreuses îles ce qui développe de manière importante le linéaire de berges et donc la proximité directe avec la Loire.
Cette impression de proximité est renforcée par la présence d’îles habitées et un bâti structuré sur des levées ou des montils (habitat sur tertre) traduisant une adaptation ancienne de l’implantation humaine face au risque d’inondation. Dans ce même souci de protection face à la montée hivernale des eaux, les villages et bourgs sont perchés et étagés. Ils constituent ainsi des repères sur l’horizon du coteau, ils sont aujourd’hui d’autant plus visibles qu’ils sont l’objet d’une importante diffusion urbaine.

Ancien port fluvial important, le bourg insulaire d’Ancenis étend son développement urbain vers le nord en direction de l’échangeur autoroutier qui constitue aujourd’hui son principal carrefour de communication. Cette articulation urbaine révèle donc aujourd’hui deux façades urbaines très contrastées, l’une plus patrimoniale développée sur les quais de Loire rappelant le dynamisme révolu de cet axe commercial et l’autre plus contemporaine développant les importants volumes construits des zones d’activités le long des axes routiers. Prenant appui au pied du château, le pont haubané d’Ancenis constitue un repère fort sur le couloir fluvial.


De la même façon, sur la rive gauche, Montjean-sur-Loire est un point d’articulation important dans l’unité paysagère du val de Loire au niveau d’un vaste méandre de la vallée. Il domine la Loire sur un promontoire tout en entretenant avec elle des relations étroites (quais, cales) liées à son dynamisme industriel (carrière de Chateaupanne, anciens fours à chaux, chevalements…). Il présente des relations visuelles privilégiées avec Ingrandes dont le front bâti en tuffeau et ardoise marque la sortie de la Loire du département de Maine et Loire, ainsi que la transition vers la sous-unité paysagère de la corniche angevine.
Les coteaux les plus abruptes sont bocagers ou boisés et la présence de lambeaux viticoles ouvre parfois des perspectives remarquables en belvédère sur la vallée. Ils dévoilent d’en haut les paysages du fond de vallée qui se caractérise par des prairies bocagères inondables cadrées par des frênes et des saules têtards. Elles alternent avec des secteurs de plaine alluviale cultivée qui peuvent, dans ce paysage intimiste, ouvrir des vues sur la Loire ou le coteau dominant sur l’horizon. Ce dernier est d’ailleurs ponctué de châteaux et de parcs dont les perspectives mettent en scène le belvédère ligérien. Le développement dans le fond de vallée des peupleraies tend à fermer le paysage et masquent l’ampleur du Val. La présence de la voie ferrée contribue également à perturber la liaison fonctionnelle et visuelle entre le coteau et les espaces du fond de vallée les rendant parfois difficilement accessibles.

Le verrou ligérien d’Oudon

Les coteaux très marqués sur cette séquence avec des aplombs rocheux, renforcés par des boisements créent un resserrement de l’espace du val et un véritable effet de goulet. La Loire y est plus particulièrement mise en scène. Le rapprochement des deux coteaux francs et boisés se traduit par un couloir visuel centré sur l’espace fluvial. Des crêtes viticoles sur des vallons secondaires ouvrent des perspectives remarquables depuis ces hauts de coteaux.


Ils constituent des belvédères naturels qui sont largement exploités par l’implantation humaine : les villages sont perchés et étagés sur les pentes, l’architecture multiplie les ouvertures sur la Loire et les châteaux développent de longues perspectives depuis leur balcon sur la Loire. On notera à ce titre le site singulier des Folies Siffait qui structure la pente du coteau dans un jeu de terrasses successives créant des belvédères originaux et des cadrages singuliers du val de Loire.
Les extensions urbaines plus récentes sur les hauts de coteaux sont particulièrement lisibles depuis le fond de vallon mais aussi depuis le coteau opposé. L’espace fluvial est resserré et la ripisylve dense ou les boisements referment ponctuellement l’espace.
Les îles ligériennes sont beaucoup plus effilées que sur le val d’Anjou et sont structurées par un bocage de frênes têtards quadrillant de grandes prairies inondables. Le passage de la voie ferrée en fond de vallée dans cette zone plus escarpée induit une rupture encore plus franche de la liaison entre le pied de coteau et les paysages rivulaires.

La Loire du polder maraîcher de la Divatte

Sur cette sous-unité paysagère, les coteaux s’éloignent progressivement passant d’aplombs rocheux parfois abrupts à des coteaux doux peu inclinés. Le fond de vallée s’élargit et l’habitat se structure progressivement à partir du pied de coteaux, en relation avec la Loire. Les effets de promontoire sont encore lisibles mais les perspectives s’allongent.


Elles révèlent un fond de vallée poldérisé : la levée urbanisée de la Divatte protège le sud du fond de vallée des inondations libérant les terrains limoneux pour les cultures maraîchères. Une véritable mosaïque de cultures légumières, florales alternant avec des zones de châssis et de nombreuses serres compose un paysage très anthropique qui contraste fortement avec les prairies inondables plus en amont. Sur la levée de la Divatte s’appuient de nombreuses cales et petits quais qui rendent la Loire très accessible. La liaison ferroviaire (avec une cadence plus importante vers Nantes) ainsi que la proximité de l’agglomération induisent une pression urbaine plus importante sur les bourgs de cette séquence ce qui se traduit par un étalement pavillonnaire important.
Sur l’espace fluvial, les îles bocagères se referment progressivement par un boisement plus important, lié en partie à l’abandon des activités de pâture. Le marnage lié aux marées commence à se lire dans le paysage par la variation quotidienne du niveau d’eau découvrant des vasières sur les berges. Les ponts métalliques mettent facilement en relation les rives nord et sud amorçant le fonctionnement de l’agglomération nantaise avec ses nombreux franchissements. L’unité se termine d’ailleurs aux portes du centre-ville : les rives boisées et les prairies en voie d’enfrichement accompagnent la Loire jusqu’à la pointe de l’île Beaulieu créant un écrin végétal au fleuve jusqu’à son entrée dans l’agglomération.

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