Les enjeux du perche sarthois et de l’Huisne


Les enjeux développés sont des pistes de réflexion et d’action pour les acteurs locaux qui font écho aux enjeux révélés à l’échelle régionale. Ils se traduisent de manière synthétique dans le bloc-diagramme ci-dessus.

Concerné par un développement continu des réseaux de déplacements qui composent son paysage, la vallée de l’Huisne est en proie à des enjeux importants qui concernent principalement le développement des infrastructures elles-mêmes (autoroute, voie ferrée…), mais également les zones d’activités économiques qui viennent se greffer à ces axes de communication structurants. Par ailleurs, les enjeux à l’ouest de l’unité paysagère concernent également le développement de l’habitat face aux pressions urbaines qui s’exercent en lien avec le phénomène de polarisation mancelle.
Le Perche Sarthois et les coteaux au-dessus de la vallée sont marqués par la disparition du bocage et le déploiement des grandes cultures. Les paysages s’ouvrent et se simplifient, créant de fait des enjeux importants en termes d’intégration des bâtiments agricoles, mais également de gestion des franges urbaines.

Accompagner le développement des infrastructures et améliorer la qualité des entrées de villes/bourgs

Dans la partie ouest de la vallée de l’Huisne, les enjeux en termes d’intégration paysagère des infrastructures importantes (voie ferrée, autoroute…) s’imposent. La présence d’infrastructures « vitrines » telles les liaisons vers la région parisienne (autoroute et ferroviaire) sont à qualifier par leurs proximités : limitation de l’affichage, incitation pour l’amélioration des paysages riverains privés, plantations complémentaires, …). Ces vitrines ont un impact visuel significatif sur l’image du département qui est aussi une locomotive touristique internationale. Dans ce cadre, la superposition des réseaux participent à la création de délaissés dont le devenir paysager doit être anticipé.

  • Composer avec la topographie naturelle pour éviter les déblais/remblais dans la conception des nouvelles infrastructures
  • Limiter et qualifier les délaissés ou les interstices entre deux infrastructures ou entre infrastructures et franges urbaines : la superposition des infrastructures routières et ferroviaires, de même que la présence de l’Huisne, contribuent à enclaver des terrains qui deviennent impraticables pour l’activité agricole, et inadaptés au développement urbain. La question du devenir de ces nouvelles enclaves est un enjeu de taille
  • Améliorer la qualité des abords des infrastructures routières, et préserver les fenêtres sur le paysage par la gestion des abords : Cet enjeu est particulièrement prégnant sur la frange occidentale de l’unité qui prend progressivement la forme d’un continuum urbain à dominante d’activités économiques. La qualité architecturale du bâti ainsi que l’accompagnement paysager participent à la création de paysage plus qualitatif
  • Favoriser un urbanisme de rues, boulevards ou avenues en composant les façades sur les entrées d’agglomération notamment autour de la Ferté-Bernard, Vibraye et dans le couloir de la vallée de l’Huisne
  • Contrôler l’affichage publicitaire et encourager l’enfouissement des réseaux

Encourager une approche qualitative de l’accompagnement des activités économiques

Le développement du pôle manceau et la multiplication des réseaux de transport ont eu un impact direct sur le développement économique de la vallée de l’Huisne. La diffusion des bâtiments d’activités a progressivement créé un couloir d’urbanisation à vocation économique pour lequel l’absence de réflexion a favorisé l’émergence d’un paysage peu qualitatif. Dès lors, l’émergence d’un cadre de réflexion d’ensemble, visant notamment une meilleure intégration paysagère des bâtiments et une gestion intégrée de l’affichage publicitaire permettrait de requalifier le paysage de la vallée industrielle.

  • Envisager la mise en œuvre d’une charte ou d’un plan de paysage de valorisation des activités ou des friches industrielles dans la vallée de l’Huisne
  • Concevoir les zones d’activités comme des opérations d’urbanisme qui composent avec le paysage environnant en respectant les jeux topographiques (implantations, terrassements, respects des covisibilités…) et les structures végétales. A cet effet, la zone d’activités des Ajeux à La Ferté-Bernard constitue un exemple qualitatif d’aménagement ayant fait l’objet d’une réflexion a priori avec un accompagnement paysager très riche qui limite l’impact paysager des bâtiments d’activités
  • Concilier l’effet de vitrine avec le maintien de la qualité des entrées de bourgs ou des fenêtres sur le grand paysage tout en intégrant et accompagnant les zones de stockage, les aires de manœuvre et de stationnement
  • Assurer la cohérence et la qualité architecturale des bâtiments (éléments pouvant être intégrés aux cahiers des charges ou aux chartes des zones d’activités)
  • Garantir l’intégration paysagère des exploitations de carrière : certains secteurs, notamment à Champagné, connaissent un développement intense de cette activité qui impacte le paysage avec notamment la multiplication des dômes de matériaux. Anticiper la réhabilitation des sites d’extraction en projetant ses futurs usages potentiels (agricoles, naturels, loisirs) : les exemples de Vouvray-sur-l’Huisne montrent des modèles de réhabilitation des anciennes carrières en aire de loisirs associant plan d’eau, aire de jeux,…

Encourager un développement de l’habitat participant à l’identité des paysages intégrant les enjeux patrimoniaux et de covisibilités

L’unité paysagère du Perche Sarthois et de l’Huisne connaît un développement en lien avec l’habitat assez hétérogène avec un phénomène de pression mancelle qui influence le développement résidentiel à l’ouest de l’unité, et le poids du pôle de La Ferté-Bernard qui créé sa propre polarisation à l’est. Face à ces influences diverses, le développement de l’habitat fait émerger des enjeux diverses. Ainsi, la partie ouest de l’unité sera davantage enclin à des problématiques de covisibilité de coteau à coteau qui, nécessitent des réflexions plus approfondies encore, lorsque la présence de bâti patrimonial compose le paysage. A l’est de l’unité, dans la logique des évolutions connues dans le secteur de La Ferté-Bernard, l’ouverture progressive des plateaux agricoles fait émerger des enjeux importants en lien avec la gestion des franges urbaines.

  • Maîtriser les extensions urbaines pour garantir une gestion économe de l’espace, limiter l’étalement urbain en travaillant sur la densification du tissu urbanisé (renouvellement urbain ou constructions dans les « dents creuses ») et assurer la lisibilité des paysages et la mise en scène du patrimoine
  • Veiller à la cohérence et à l’identité urbaine, architecturale et paysagère dans la requalification des bourgs en plateau, et entre les extensions urbaines et les centres patrimoniaux. Les développements récents ont ainsi contribué à développer un tissu homogène en extension des bourgs sans cohérence architecturale entre bâtis ancien et contemporain
  • Promouvoir un traitement qualitatif des franges (limites de l’urbanisation) et veiller à la composition des silhouettes urbaines (notamment pour les bourgs en promontoire ou étagés) en respectant les registres végétaux identitaires et les covisiblités. Les extensions pavillonnaires aux abords de La Ferté-Bernard ont ainsi contribué à perturber la lisibilité de la transition paysagère entre ville et campagne
  • Préserver les coteaux, les buttes et les covisibilités entre les espaces urbanisés et les espaces agro-naturels et forestiers. A l’ouest de l’unité, les phénomènes de covisibilité de coteau à coteau sont particulièrement sensibles


Favoriser la découverte des paysages patrimoniaux des espaces urbains ou ruraux

La présence d’un patrimoine riche et diversifié caractérise en partie l’unité paysagère du Perche Sarthois et de l’Huisne. Les dynamiques récentes ont montré que les dynamiques touristiques en cours se sont matérialisées dans le paysage de différentes manières et chacune d’elles présente des enjeux paysagers à intégrer. L’exemple du centre-ville de la Ferté-Bernard montre qu’une intervention qualitative sur l’espace public permet une mise en scène valorisante des éléments patrimoniaux. Par ailleurs, l’unité paysagère connaît également des enjeux qui concernent l’accessibilité de l’Huisne avec le développement progressif du phénomène de cabanisation.

  • Valoriser les éléments identifiants de la ville (belvédères, parc, jardins, boisements, place, espaces libres, patrimoine)
  • Valoriser le rapport de la ville/bourgs à l’eau au travers d’espaces publics de qualité et de convivialité (cales, canaux, édicules, chemins de rive, franchissements, …)
  • Adapter le parc immobilier des secteurs patrimoniaux aux modes de vie actuels sans les dénaturer
  • Assurer la continuité des espaces naturels (vallons, boisements…) et paysagers comme des liens entre ville/bourgs et campagne, et des supports d’aménités ou de liaisons douces circuits touristiques (ex : mise en valeur des affluents de la vallée de la Braye et randonnées forêts)
  • Limiter la fermeture des fonds de vallée pour maintenir les perspectives. Par ailleurs, le phénomène de cabanisation des rives de l’Huisne (notamment dans les bourgs de pied de coteau - Champagné/Vouvray) qui mite le paysage est à anticiper pour assurer l’accessibilité et l’aménagement qualitatif des paysages de la vallée. (ex : peupleraies trop vaste le long de la Braye)
  • Soigner l’occupation des coteaux et buttes : préserver le petit parcellaire et le réseau de chemin à l’appui des pentes, assurer le dégagement des points de vues, valoriser la perception du patrimoine. (dégagements des points de vues le long de Orne saosnoise et du coteau du courteau et Rosay, ainsi que le long de la vallée de la Même)
  • Valoriser le bâti traditionnel et protéger le patrimoine rural (châteaux, ferme fortifiée…)


Accompagner l’évolution de l’activité agricole pour mieux assurer la diversité des paysages

Les paysages naturels et agricoles sont variés dans la vallée de l’Huisne et sur le Perche Sarthois. Certaines dynamiques ont fait évoluer voire disparaitre des éléments constitutifs du patrimoine rural et paysager. Les masses boisées n’ont pas beaucoup évolué mais les haies bocagères et la modification du système agricole local ont largement contribué à la simplification des paysages ruraux. Face à ce constat, plusieurs enjeux ressortent :

  • Composer le bocage de demain à une échelle compatible avec l’activité agricole et dans la continuité des trames bocagères existantes à préserver. Prêter attention au maillage bocager qui augmente (Haute Braye, grande culture vers secteur de Melleray…)
  • Veiller à la qualité architecturale du bâti agricole, notamment aux abords des fermes traditionnelles, qui constitue des repères paysagers et intégrer les bâtiments d’exploitation (choix de l’implantation par rapport au relief et aux covisibilités, qualité du bâti et accompagnement végétal)
  • Assurer la pérennité des boisements, des haies et des arbres isolés qui ponctuent les zones ouvertes de grandes cultures. Conserver le bocage relictuel (secteur d’Avezé, de Saint-Jean-des-Échelles…)
  • Maîtriser le développement des boisements pour préserver les clairières cultivées
  • Limiter l’impact des coupes rases dans le paysage en préservant des lignes boisées en crête, sur les hauts de buttes et en lisière
  • Maintenir le maillage des chemins ruraux pour garantir l’accessibilité à tous les espaces

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