Les caractères du bocage du Lay et de la Vendée

Un socle géologique qui termine les formations sud armoricaines


Le socle géologique est marqué par la présence du synclinal de la Roche-sur-Yon et de celui de Chantonay dont les orientations nord-ouest / sud-est traduisent les différents épisodes d’étirements et plissements qui ont marqué la zone de subduction sud du massif armoricain. Cela se traduit par des directions fortement marquées dans le paysage (souvent relayées par les vallées) et la présence de granites et schistes, affleurant naturellement et plus indirectement mis en oeuvre dans l’architecture. C’est d’ailleurs sur ce secteur que l’on retrouve les anciennes carrières de Mouliers (artisans chargés d’extraire et tailler la roche dure et abrasive des meules des moulins). A cela s’ajoutent les différentes transgressions marines qui ont laissé des terrains calcaires sur la frange sud de l’unité.

Un éventail de vallées très encaissées autour de la plaine du Bas-Poitou


La dureté des granits du socle géologique d’une part, et, d’autre part l’orientation induite par les synclinaux et relayée par les principales failles ont conduit à un écoulement des eaux tout à fait singulier : un réseau hydrographique au chevelu dense qui s’organise en éventail autour des vallées qui ceinturent la plaine du Bas-Poitou (La Smagne, la Longèves, le Lay). Sur les plateaux faiblement inclinés vers la plaine, les roches cristallines, plus difficiles à éroder, donnent naissance ici à des vallées profondément encaissées, avec de nombreux méandres. Certains secteurs comme la vallée de l’Yon aval présentent un paysage remarquable de chaos granitique. L’enchevêtrement de ces vallées marquées donne une perception et une structuration assez labyrinthique du paysage : il faut souvent prendre de grands détours pour rejoindre des points qui semblent proches sur le plateau et le passage dans les vallées méandreuses tend à désorienter. C’est un paysage où l’on peut se perdre avec délice. Il y de vrais contrastes entre la perception de paysages fermés voir intimistes dans les vallées et les vues plus dégagées permises par les hauts de coteaux ou les plateaux.

Des réserves d’eau marquantes dans le paysage.


Véritable château d’eau du sud Vendée, l’unité présente sept retenues d’eau qui ennoient les principales vallées : barrages sur le Graon, le Marillet, la Vouraie, barrage d’Angle Guignard sur le Lay, barrages d’Albert et de Mervent sur la Vendée et barrage de Pierre Brune sur la Mère.
Compte tenu de la configuration encaissée des vallées, ces retenues d’eau créent des lacs très longilignes peu larges qui serpentent dans les méandres de la vallée principale et de ses affluents. Cela valorise un miroir d’eau qui reflète les versants boisés ou bocagers de la vallée créant un paysage souvent spectaculaire. Outre leur fonction d’alimentation en eau potable, ces lacs constituent des lieux de balade très prisés et font, pour certains, l’objet d’aménagements de bases de loisirs.
A une moindre échelle on retrouve également des retenues d’eau collinaires mise en place en amont des vallons secondaires pour les besoins de l’agriculture. L’ensemble de ces plans d’eau confère à cette unité bocagère une identité véritablement spécifique et une force. Ces lacs artificiels soulignent la complexité du dessin des vallées et de l’espace qu’elles structurent.

Un réseau bocager dense qui structure les vallées


Le paysage de l’unité présente une maille bocagère encore relativement dense et préservée du fait de son relief mouvementé et donc de la mécanisation difficile des grandes cultures. La trame de haies structure la pente des coteaux. Elle dessine généralement les courbes de niveau afin de limiter le glissement et le lessivage des sols par ruissellement. Dans les fonds de vallées, quand ils sont suffisamment larges, de petites haies (noisetiers, aulnes, saules) viennent enclore les prairies humides interrompant rapidement les perspectives dans les méandres de la vallée.
Les haies présentent une gestion singulière qui marque le paysage notamment à l’est de l’unité : la strate arbustive est en taille relativement basse (inférieure à 1,5m) ce qui met en valeur les houppiers sphériques des arbres taillés en têtards. On trouve également un mode de taille plus courant des haies par recépage qui crée notamment des écrans végétaux touffus le long des voies et des chemins creux.
La présence de ce bocage dense, mettant en exergue les zones vallonnées, compose un paysage avec des dynamiques de perceptions visuelles variées (panoramas, vues cadrées, vues plongeantes ou en contreplongée…). Cette diversité de perception de paysages ruraux de qualité est d’ailleurs valorisée au travers de nombreux circuits de randonnée comme le circuit Grande Randonnée du Pays de Mélusine, le GR 364 et des parcours de randonnées plus locaux.

Pour en savoir plus sur les paysages de bocage

Des plateaux plus ouverts animés de bois et de forêts

De nombreux îlots boisés qui ponctuent le plateau


Sur les plateaux à l’ouest de l’unité, le relief s’adoucit permettant une mise en culture sous forme de grands champs. Sur ces secteurs la trame bocagère est en général plus distendue voir disparaît totalement ouvrant de larges panoramas sur les vallées et révélant le bâti diffus. Sur le revers du synclinal de Chantonnay à l’est, les sols plus pauvres et souvent lourds ne permettent pas une mise en culture systématique sur le plateau et ont le plus souvent été boisés. Ainsi de la Forêt de la Chaize au nord à la forêt de Mervent-Vouvant au sud de nombreux petits bois de feuillus ou de plantations de conifères viennent conforter la trame bocagère des vallées et referment le paysage sur un horizon boisé. Ces boisements font l’objet d’une gestion forestière active qui fait varier sensiblement la perception des paysages au rythme des coupes et au gré des motifs et espèces de replantation.

Un paysage sylvestre exceptionnel au rayonnement touristique important


Avec ses 5 000 hectares, la forêt domaniale de Mervant-Vouvant est le domaine forestier le plus vaste du département de la Vendée. Les méandres de la Mère et de la Vendée, au relief escarpé et rocheux, sont recouverts d’une épaisse forêt. Elle est constituée d’une végétation variée et dense où le chêne domine. Le patrimoine bâti de ce site naturel traduit un lieu stratégique et une activité soutenue : stèles, hameaux, ponts, scieries et barrages, promontoires naturels sont autant d’éléments paysagers qui ajoutent au pittoresque des vues.
Si le Massif forestier demeure un lieu de pèlerinage à la mémoire du Père Grignon de Montfort (où il fut ermite), il n’en est pas moins le lieu de nombreuses activités de pleine nature et de loisirs variés avec de nombreux équipements d’accueil touristique : campings, hôtellerie, gîtes…, Natur’Zoo, base nautique et centre VTT, parc d’acrobaties dans les arbres, pêche, escalade, visites guidées.

Des enclaves viticoles dominant les marais du Lay


Le plateau entre Mareuil-sur-Lay et Rosnay est marqué par la présence d’une enclave viticole qui ouvre le paysage dominant les marais de la vallée du Lay. Se développant sur des terrains volcaniques (rhyolites, schistes pourpres), ces anciens fiefs vendéens sont aujourd’hui confortés et valorisés de « manière contemporaine » (travail de communication coordonnée sur les parcours touristiques rétro-littoraux – Chais à l’architecture contemporaine et communication valorisant la diversité des paysages).

Des villages en promontoires ou étagés sur les vallées

Des bourgs qui se mettent en scène dans les vallées
L’ensemble des bourgs présents sur l’unité s’articule sur les vallées en s’étageant sur le coteau. Soit ils se positionnent en promontoire sur une crête au creux d’un méandre, profitant d’une position défensive naturelle, soit ils s’étagent sur le coteau exposé sud ou plus largement dans l’emprise de la vallée quand celle-ci n’est pas trop marquée. Le paysage de la vallée constitue alors comme un écrin autour de la silhouette du bourg. L’eau et la topographie sont les principales clés de lecture de l’implantation du bâti dans les bourgs. L’organisation du bâti, des jardins et des cours, des rues, parallèle aux courbes de niveau, crée un rythme typique de ces bourgs. L’ensemble est souvent structuré par des murets de pierres qui règlent les différences de niveaux et créent des jeux de superposition du bâti et du végétal dans les perspectives ouvertes par la topographie. Il en résulte des ambiances urbaines originales renforcées par l’utilisation des matériaux et de couleurs propres au bocage local.
Les villages bordant les vallées les plus attractives pour leur caractère pittoresque (Yon, Vendée, Lay) présentent un phénomène de diffusion pavillonnaire sur les coteaux surplombant la vallée pour bénéficier de la vue, ce qui contribue par ailleurs à la transformer.



Un territoire de passage au riche patrimoine Les bourgs les plus importants se situent quasiment tous à l’interface avec les unités paysagères voisines, ce qui donne une impression de seuil urbain lorsque l’on pénètre dans l’unité. C’est d’autant plus marquant que ces bourgs présentent en général un riche patrimoine témoignant de cette position de passage commercial stratégique : ainsi Mareuil-sur-Lay, Sainte-Hermine et L’Hermenault marquent la transition avec la plaine du Bas-Poitou ; Chantonnay et Vouvant jalonnent la marche du Bas-Poitou ; Aubigny et la Chaize-le-Vicomte font la transition avec le bas bocage vendéen. Ces bourgs présentent une architecture cossue de maisons de maîtres et des châteaux aux parcs aussi spectaculaires (comme les terrasses du Château de l’Hermenault) que raffinés (Jardins de Thiré ou de Sainte-Pexine).
A ce patrimoine, s’ajoutent à la fois tout le bâti religieux avec les églises, véritables repères sur les vallées, et le petit patrimoine vernaculaire de croix, calvaires et chapelles qui marque les entrées de bourg ou ponctue le bocage et jalonne les chemins creux.

Un bâti diffus qui s’étage dans les vallées du bocage


Le bâti rural présente les caractéristiques classiques du bocage du sud Vendée. Sur les petits plateaux et les vallées bocagères, la ferme du bocage, aux activités de cultures et d’élevage, s’organise de deux façons :
  • Suivant le modèle des métairies, la maison d’habitation imposante, flanquée de la grange étable et des dépendances, offre une façade sud sur cour avec une vue dégagée. Cette cour permet de créer un espace de travail préservé des vents et toujours sec (du fait de son exposition sud). La maison s’inspire souvent du logis avec ses ouvertures régulières distribuées et homogènes souvent encadrées de granit de taille ou parfois de calcaire. L’ensemble joue en général de manière assez équilibrée avec la topographie pour protéger les espaces extérieurs et bénéficier des vues remarquables
  • Sur les fermes les plus isolées, la maison d’habitation, souvent modeste, et les dépendances s’implantent de manière éclatée dessinant une cour plus asymétrique que dans le modèle précédent

Sur le secteur, si le granite et le schiste sont les principales pierres mises en oeuvre dans le bâti rural traditionnel on retrouve couramment le calcaire en encadrement des ouvertures et dans les chaînages d’angles.

Des infrastructures marquantes qui traversent l’unité plus qu’elles ne l’investissent

Si l’unité se caractérise par un réseau routier secondaire aussi tortueux et labyrinthique que l’enchevêtrement des vallées, elle est cependant traversée par de grandes infrastructures autoroutières (A83 et A87) et ferroviaires (Lignes la Roche/Yon –Thouars et La Roche/Yon – la Rochelle). Elle ne bénéficie pas d’échangeurs ou de gares d’arrêt majeurs. Seule la 2x2 voies, D 948 reliant Bournezeau à La Roche/Yon, constitue un axe pénétrant majeur de l’unité induisant des développements économiques et urbains importants sur les bourgs à proximité de cet axe. Dans une moindre mesure la D746 et la D137 jouent le même rôle de desserte privilégiée.


Pour aller plus loin sur le patrimoine culturel et naturel

Patrimoine culturel :

Patrimoine naturel :

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