Les caractères des vallées des marches de Bretagne

Un plateau aux amples ondulations, suivant les directions armoricaines

Un territoire de schistes, gneiss et granits
La géologie du territoire est marquée par une succession de couches anciennes (précambriennes et primaires) orientées dans une direction armoricaine et faillées principalement dans ces directions. Ces roches telles que les schistes, les gneiss et granits se retrouvent mis en oeuvre dans l’architecture traditionnelle. Elles sont encore aujourd’hui exploitées dans les carrières du secteur (Carrière du Pont de Barrel par exemple au sud-est de l’unité).


Des ondulations aux orientations armoricaines (nord-ouest /sud-est) Les directions géologiques se lisent dans le paysage au travers des grandes vallées qui incisent le socle du plateau.Sur le plateau, le relief est quasi plan voir monotone ; il ondule légèrement à l’approche des vallées, découpé par des ruisseaux secondaires. Ce qui ressort principalement dans le paysage ce sont ces grands mouvements amples orientés nord-ouest /sud-est parallèles au sillon de Bretagne plus au sud, induisant quelques belvédères.
Ouverture du paysage bocager sur les ondulations amples du relief
Ouverture du paysage bocager sur les ondulations amples du relief


Deux vallées majeures … une voie d’eau structurante Le Don et l’Isac dégagent un vaste couloir visuel qui s’ouvre au nord sur l’ensemble des marais de la Vilaine et de la Chère. On y retrouve un riche patrimoine spécifique de moulins et gués. Son système hydraulique dense arborescent a creusé des vallées marquées dans le plateau. Le projet d’un grand canal reliant la Loire à toute la Bretagne intérieure a conduit à la canalisation de l’Isac. L’idée de cette voie d’eau naît en 1746 du comte de Kersauson qui écrira dans son Mémoire sur la canalisation de la Province et : "L’ouverture de ce canal réveillera l’industrie de toute la partie haute de la Bretagne… Cette nouvelle voie ouverte permettra de rendre à l’agriculture une multitude de bras, dont elle est privée par le nombre si considérable d’hommes nécessaires à la conduite des chariots et voitures de roulage (…). A chaque commencement de guerre, la France pourra promptement augmenter le nombre de ses vaisseaux, et les armer tous d’une façon avantageuse." Cet axe est aujourd’hui un vecteur important de tourisme et de loisirs sur le territoire.
Une tradition de bocage à conifères Ce paysage est marqué par une trame bocagère ancienne liée à une activité d’élevage importante. Quelques rares zones subsistent encore avec de petites parcelles cadrées par des haies à ragosses et de conifères. Les paysages ruraux sont aujourd’hui marqués par de grandes prairies bocagères suivant une maille éclatée et distendue, et d’importantes parcelles souvent cultivées. L’ouverture du paysage révèle les bâtiments d’élevage hors sol porcins ou avicoles qui étalent leur long volume bâti dans le prolongement des anciens hameaux. Les ensembles boisés et les landes constituent également des éléments forts des paysages du plateau. La forêt du Gâvre se distingue par ses ambiances forestières qui composent un paysage à part entière. Elle referme ponctuellement le paysage et est relayée par d’autres verrous boisés qui animent les perspectives. Ces boisements viennent souvent à l’appui de landes à ajoncs qui ourlent en général la crête des coteaux. L’unité se caractérise donc par un bocage semi ouvert cadré par d’importants verrous boisés.

Un patrimoine bâti sous influence bretonne

Le style du pays de la Mée
L’unité est représentative de l’habitat breton du pays de la Mée qui associe schistes et ardoises sombres conférant au bâti un caractère sobre, austère rappelant le pays de Rennes. Souvent organisé sous forme de longère, le bâti s’ornemente d’éléments en brique et du pisé, et des appareillages de granit. Les couvertures sont uniformément constituées d’ardoise. Les habitations adoptent un plan en longueur, regroupant habitations et dépendances au sein du même bâtiment, avec parfois des appentis de part et d’autre de la construction principale. Le plus souvent la construction ne présente qu’un seul niveau avec un grenier. On observe un léger exhaussement de la toiture au-dessus des lucarnes, et souvent des linteaux en poutres de bois. L’habitat est très dispersé.
Les constructions sont légèrement plus hautes que sur l’unité des marches entre Anjou et Bretagne. On y observe aussi d’avantage de jeux de porches.


Au titre du patrimoine remarquable, outre les nombreux vestiges préhistoriques peu lisibles, l’unité abrite des moulins rythmant les cours d’eau, ainsi que des châteaux qui animent et ponctuent plateaux et vallons au coeur de leurs parcs arborés (Château de Missillac, Château de Juzet, ou encore le Château de Pordor à Avessac).

Des bourgs perchés dominant les vallons
Les bourgs sont éloignés les uns des autres. Préférentiellement implantés sur les coteaux doux et rebords de plateaux dominant les vallons, ils jouent depuis leur promontoire des covisibilités lointaines. Les schistes et l’ardoise donnent des teintes sombres au bâti traditionnel parfois relevé par les teintes ocres des pierres oxydées ou des crépis sablés. Les parcelles et les jardins sont souvent délimités par des palis (dalles de schiste posées à la verticale en palissade).
Le premier élément structurant des bourgs traditionnels est la place centrale insérée dans un tissu bâti dense. Les maisons qui l’entourent, sont de hauteurs plus importantes (R+1, R+2) abritant souvent des commerçants ou des artisans. Au rez-de-chaussée, elles ont des boutiques avec étalages, tandis que les étages sont réservés à l’habitation. L’alignement des maisons implantées sur les voies conduit au centre. L’église occupe une position stratégique de la place, qui contribue à confirmer l’importance du centre actif du village.

Les infrastructures

L’unité est à la fois cadrée et fédérée par les infrastructures. La RN137 à l’est (4 voies) est très présente dans le paysage. Elle constitue une rupture paysagère, visuelle et fonctionnelle, forte. Depuis cet axe, le paysage est rarement perceptible car la voie a été aménagée comme un « tunnel vert ».


Pour aller plus loin sur le patrimoine culturel et naturel

Patrimoine culturel :

Patrimoine naturel :

Source bibliographique

  • VU D’ICI, AGENCE ROUSSEAU, ALTHIS, AQUALAN. Atlas des paysages de Loire-Atlantique. DREAL des Pays de la Loire, DDTM de Loire-Atlantique. 2010.

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