Les caractères de la côte vendéenne

Une alternance entre côtes rocheuses et côtes dunaires toujours mobiles


Un socle ancien qui dessine des côtes rocheuses orientées L’analyse de la carte géologique du territoire montre que la côte vendéenne résulte des plissements et des jeux de failles liés à l’émersion des chaînes hercynienne et alpine, ainsi que des transgressions et régressions marines. Le socle granitique plonge vers la mer suivant une faible pente qui s’accentue vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie, tandis que les roches métamorphiques et sédimentaires ont fortement façonné le paysage littoral. Les plissements varisques hercyniens d’orientation Nord-Ouest/Sud-Est témoignent des formations de l’ère primaire, imprimant une topographie marquée par des reliefs importants (qui ont aujourd’hui été complètement érodés). Il en résulte aujourd’hui des séquences de côte rocheuse très découpées aux falaises peu élevées et qui impriment une orientation nord-ouest/sud-est dans le paysage. Elles sont souvent relayées par un estran sous forme de platier rocheux.
Au sud des marais du Payré, le socle calcaire des transgressions jurassiques donne une configuration tout à fait singulière au paysage côtier. Les falaises rocheuses de Jard-sur-Mer et de la Tranche-sur-Mer présentent une configuration en strates de blocs calcaires de couleur claire. Elles donnent l’impression de murs en pierres sèches et de grandes dalles calcaires pavant un platier rocheux ourlé de gros galets clairs. Cela renvoie aux paysages de petites falaises calcaires que l’on trouve plus communément au sud autour de la Rochelle et sur l’Ile de Ré.
Des paysages de grands cordons dunaires mouvants Les épisodes de transgressions et régressions marines se succèdent du Secondaire au Tertiaire et aplanissent la surface du massif ancien. La longue période d’émersion du Crétacé inférieur est notamment à l’origine de la constitution d’une surface d’érosion qui domine le paysage actuel d’étroits plateaux séparés par de très larges vallées orientées d’est en ouest. A partir du Crétacé, la mise en place des cordons dunaires progresse à partir du nord et du sud, et se poursuit pendant les transgressions du Quaternaire ; les roches sédimentaires recouvrent les terrains schisteux qui affleurent à l’ouest. A l’ère quaternaire, de puissants phénomènes d’érosion, liés aux fortes baisses du niveau de la mer et à une intense action éolienne, ont provoqué le déblaiement partiel des dépôts dans les vallées ainsi élargies et ont façonné les grands traits du paysage actuel. Plus récemment a eu lieu la régularisation de la côte, par la mise en place de longs cordons dunaires qui ont rejoint les pointements rocheux du socle primaire. Sous l’action conjuguée du vent et des marées, les sables se sont accumulés sur les haut fonds calcaires ou schisteux jusqu’à former un cordon dunaire large de 1 à 2 kilomètres qui constitue la façade maritime de la Vendée. Ces cordons dunaires ont isolé des zones plus ou moins importantes de marais côtiers. Ces grands cordons dunaires continuent toujours de fluctuer en fonction du temps et des assauts de l’océan.
Des îles qui présentent les mêmes caractères géomorphologiques que la côte
Les îles de Noirmoutier et d’Yeu possèdent la même orientation Nord-uest/Sud-Est. L’île d’Yeu est une résurgence granitique qui s’est formée au large du continent. Un filon de quartz coupe l’île dans toute sa longueur selon un axe Est/Ouest, et émerge à l’ouest de l’île, comme en témoigne « le Caillou Blanc », qui ressort particulièrement sur les roches sombres constitutives de l’île. Le socle granitique donne aux falaises de la côte sud des ambiances rappelant les côtes bretonnes par leur découpe spécifique (qui n’est pas la même que celle des côtes souvent schisteuses du continent).

Au Tertiaire, l’île de Noirmoutier n’était qu’un îlot granitique de basse altitude. Les plateformes calcaires lutétiennes, isolées par des couloirs où s’écoulaient les eaux courantes, ont contribué à la constitution d’une flèche sableuse d’orientation globale Nord-Sud, aidés par l’action des vents et des courants. Cette formation a isolé la Baie de Bourgneuf où se déposent les sédiments qui vont peu à peu s’accumuler pour constituer l’île de Noirmoutier et lui donner sa forme actuelle. Le cordon dunaire de Noirmoutier dont la formation découle de la présence d’un haut-fond calcaire.


Une côte toujours mobile… Si ces marais ont fait l’objet d’aménagements pour canaliser les arrivées d’eau tant marines que terrestres, la côte présente toujours aujourd’hui un caractère mobile qu’elle soit dunaire ou rocheuse. La fluctuation du trait de côte au gré des temps et au gré de l’érosion marine est une caractéristique forte du littoral vendéen. Les secteurs urbanisés du littoral sont donc véritablement exposés à des risques de submersion (comme ce fut le cas lors de la tempête Xynthia) ou de recul du trait de côte rocheuse comme au Château d’Olonne, Brétignollessur-Mer). Cela peut donner lieu sur les secteurs urbanisés du littoral à des ouvrages de protections (enrochements monumentaux, perrés, digue) qui artificialisent le trait de côte et modifient la perception du paysage côtier.

Des activités marines qui dessinent la côte aux rythmes des marées


Si le paysage littoral est avant tout marqué par l’ouverture visuelle sur l’océan, il révèle véritablement toute sa complexité à marée basse : les falaises rocheuses laissent place à des platiers rocheux recouverts d’un tapis d’algues, animés par le balai des pêcheurs à pieds arrachant aux rochers moules, huîtres et crabes. Ces derniers sont également très nombreux lors des grandes marées à gratter les estrans sableux à la recherche de coques ou palourdes. Dès le Moyen-Age, comme à Saint-Jean d’Orbestier sur la commune de Château d’Olonne, des pêcheries ont été aménagées sur les estrans rocheux : un cordon de murs de pierres isole une partie de l’estran et piège le poisson à marée descendante. Ces vestiges font aujourd’hui l’objet de projets de restauration, notamment par des associations bénévoles.

Les estrans côtiers ou d’estuaires sont par ailleurs plus largement exploités par les ostréiculteurs qui déploient leurs sacs d’huîtres sur de vastes casiers géométriques recouverts à marée haute. Les mytiliculteurs élèvent quant à eux les moules enroulées sur les bouchots, longs pieux fichés dans la partie basse de l’estran comme un gigantesque mail sans frondaison. Ce quadrillage se révèle particulièrement à marée basse et s’anime du va et vient des tracteurs et barges transposant dès le jusant dans une version marine les gestes de l’agriculture terrestre.

Une diversité de paysages palustres entre terre et mer

Des paysages entre eaux douces et eau salée
Les grands cordons dunaires ont isolé les larges estuaires des vallées fluviales, en créant ainsi d’importantes zones de marais. Ces derniers récupèrent à la fois les eaux douces continentales et sont alimentés en eau salée par le flux marin dans l’estuaire. Cette confrontation des eaux marines et terrestres sculpte le cordon dunaire de l’estuaire lorsque celui-ci n’est pas stabilisé par des plantations ou des constructions. C’est le cas notamment des dunes du Veillon ou de la pointe d’Arçay. L’estuaire de la Baisse s’est quant à lui naturellement comblé au XVIIIème siècle. L’ensemble de ces marais fait l’originalité de la côte vendéenne en développant des paysages mêlant à la fois terre et mer, et, proposant des ambiances rappelant le marais breton vendéen ou le marais poitevin entre la côte et le plateau bocager rétro-littoral.


Les zones de marais constituent une part importante des paysages côtiers dans la mesure où ils sont aujourd’hui des espaces ouverts de rupture dans les continuums urbains littoraux. Ils combinent à la fois marais salants et marais doux. Sur certains secteurs, comme dans les marais du Talmondais, l’activité aquacole est encore très présente et la privatisation du marais à des fins de loisirs se traduit souvent par des aménagements parfois très visibles dans le paysage ouvert du marais. (Clôtures, cabanons, panneaux, ouvrages hydrauliques).
Les prairies ouvertes ou bocagères des marais doux Les marais doux sont concernés essentiellement par une activité agricole d’élevage (ovins, bovins, volailles) et de cultures sur les zones les plus élevées. L’eau provient des exutoires des plateaux bocagers (vallées, eau de pluie), et favorise la descente des ambiances bocagères dans le marais (réseau de haies spécifiques de saules, frênes et aulnes). Les canaux sont souvent ourlés du chaume doré des phragmites et dessinent des petites pâtures le plus souvent sans clôtures.
Les marais salants : un paysage d’eau dessiné par l’homme Les marais salants permettent l’extraction du sel de l’Océan par évaporation. L’eau salée est amenée profondément dans le marais par de grands canaux, puis circule doucement dans des bassins de décantation successifs. Le sel est ramassé dans les oeillets. Après la seconde guerre mondiale, les marais salants ont peu à peu été remplacés par des activités plus rentables. En particulier, l’ostréiculture et la pisciculture qui prennent une place de plus en plus importante et modifient la structure du marais (besoin d’eau vive et non stagnante, constructions de cabanes, etc.). Autrefois, très importante dans le Nord-Ouest vendéen (Noirmoutier-en-l’Ile, Bouin, Beauvoir sur Mer, Saint Hilaire de Riez et Les Sables d’Olonne), l’activité salicole est aujourd’hui beaucoup plus circonscrite. Toutefois, si dans les années 1980, la production de sel, dans les marais de Noirmoutier semblait dépérir et vouée à l’abandon, la coordination des filières de production et les aides locales ont permis de réhabiliter les exploitations et de redévelopper cette économie, préservant ainsi ce paysage singulier. Sur l’île de Noirmoutier, en 2016, plus de 140 sauniers sont actifs, redynamisant ce secteur économique. Cette organisation en marais facilite l’ouverture du paysage, et lui donne une ambiance organisée et hiérarchisée démultipliant les miroirs d’eau bordés d’une flore spécifique (salicorne).
Le paysage géométrique et anthropique des polders Les aménagements des marais du littoral ont conduit à assécher des terres afin de les rendre cultivables. Protégés par d’immenses digues et drainés par des fossés, ces terrains sont cultivés dans un parcellaire géométrique souvent régulier. Cela se traduit par un paysage horizontal, simple et animé par le seul rythme de travail des planches de culture.

Des structures végétales agro-naturelles étagées le long du littoral

La végétation comme élément fixant la dune


De la plage à la couverture forestière, des bandes végétales caractéristiques des conditions du milieu dunaire spécifique se succèdent : la salinité du substrat est le critère déterminant la disposition des types de végétation en front océanique alors que la mobilité relative du sable détermine leur répartition sur la partie continentale. Sur la partie mobile du haut de plage le sable est constellé de petites plantes souvent prostrées comme le pourpier de mer, l’euphorbe péplis et la soude commune, alors que l’avant dune est partiellement fixée par une pelouse éparse de chiendent des sables. La dune blanche est marquée par une prairie claire d’oyats qui favorise l’accumulation du sable et permet le développement d’autres plantes comme le liseron de mer, le panicaut et l’euphorbe maritime. Dans la dune fixée, les apports de sable sont plus faibles permettant l’installation de la pelouse de dune grise (nommée ainsi en raison du feuillage gris des plantes adaptées à ce milieu). On y retrouve ainsi l’immortelle et l’oeillet des dunes, le raisin et le lys de mer ainsi que le pavot cornu. Ces milieux fragiles, au paysage caractéristique, laissent place aux fourrés pré-forestiers où l’on retrouve le plus souvent des chênes verts, pins et parfois saules (dans les cuvettes humides) déformés par le vent. Ils accompagnent la forêt plantée.

Les campagnes de boisement pour stabiliser la dune
Les cordons dunaires sont couverts de pins maritimes, correspondant aux vastes campagnes de stabilisation des dunes entreprises sous Napoléon III. Ces plantations sont complétées par des boisements de chênes verts, qui confèrent des ambiances différentes, et forment la grande forêt domaniale des Pays de Monts, de Longeville, ainsi que des boisements plus restreints (Bois de la Chaise et Bois des Eloux sur l’île de Noirmoutier, le Bois qui entoure la citadelle de Fort de Pierre Levée sur l’île d’Yeu), qui constituent des écrans végétaux majeurs dans la perception du paysage. La forme des arbres est sculptée par le vent sur le front de mer : c’est le phénomène d’anémomorphose. Un gradient s’opère de la mer vers les terres, la végétation étant plus rase au contact direct des vents et des embruns et s’élevant progressivement jusqu’à former les massifs boisés. On trouve ainsi sur la végétation un véritable écho au paysage de la topographie dunaire.


Si les forêts domaniales garantissent une unité et une cohérence naturelle sur bon nombre de portions du littoral, beaucoup de secteurs de forêts morcelés, privés, sont présents avec des occupations et des modes de gestion aléatoires et un véritable enjeu vis-à-vis du risque incendie. C’est en cela par exemple que la politique du Conseil général axe ses interventions sur la reconquête de ce type d’espaces mités et de terrains privés aménagés (Forêts de Longeville, de Jard et de Talmont essentiellement). Les modes de gestion varient suivant les opérateurs publics en charge des massifs forestiers. Par exemple le conseil général de Vendée, et l’ONF, dans leurs plans de gestion vont favoriser la mixité pin maritime-chêne vert (30%/60%), ce qui implique un certain interventionnisme (l’objectif étant de conserver dans la durée cette image/ cette identité de la côte vendéenne, avec ses pins maritimes et la transparence de ses massifs), alors que le conservatoire du littoral favorisera une évolution naturelle vers la forêt de chênes verts, plus dense et plus opaque.

Les plateaux marqués par la lande et le bocage
Sur les plateaux granitiques ou schisteux comme sur l’île d’Yeu, les conditions géologiques et climatiques créent un milieu plus pauvre et difficile. La lande à ajoncs ou à prunelliers s’y installe. Elle est particulièrement présente sur les côtes rocheuses sauvages à l’arrière de la pelouse rase maritime. Elle est parfois ponctuée par de grands cyprès de Lambert introduit au début du XX siècle. Dans les vallons, on trouve des saules et des prunelliers qui referment un peu plus l’espace.


Cette lande fait souvent la transition avec une trame bocagère caractéristique du bocage rétro-littoral. La trame dense de haies encadre de petites prairies alternant parfois avec quelques zones de cultures. Sur les milieux de lande de l’île d’Yeu, la disparition des pratiques pastorales traditionnelles et l’abandon de la pratique du brûlis conduit aujourd’hui à la progression des boisements.

Les coteaux viticoles dominant les marais
Les coteaux septentrionaux des marais littoraux offrent des conditions particulières d’implantation de la vigne par leur situation exposée au sud et leur terroir de sols cristallins entre terre et mer. Si ces enclaves viticoles ourlent souvent ponctuellement les marais rétro-littoraux, les fiefs vendéens composent sur la zone littorale un vignoble de 80 ha en appellation Fiefs Vendéens qui se répartit sur les communes de Brem-sur-Mer, Brétignolles-sur-Mer, L’île d’Olonne, Olonne-sur-Mer, Vairé Cette localisation dans les paysages littoraux se retrouve dans ces terroirs marqués par cette terre d’embruns et par l’air marin qui a une influence particulière sur la vigne. Ce terroir produit des vins blancs secs marqués par une pointe d’iode. La culture de ces vignes basses de grolleau gris et de chenin est souvent très discrète dans le paysage tout comme le bâti et les formes végétales littorales. Elle s’en distingue en hiver par le rythme régulier et sombre des ceps et en été par les verts tendres du feuillage. C’est peut-être en automne que les feuilles dorées qui ourlent le marais se distinguent le plus.


Les cultures maraîchères en interface De manière plus développée que la viticulture, le maraîchage constitue une activité agricole très lisible en frange de marais, à la charnière avec le littoral. Les planches de cultures avec leur dessin très régulier, composent une géométrie quasi parfaite le long des marais. Ces cultures de plein champ sont parfois accompagnées d’infrastructures plus marquantes comme les serres ou les tunnels de plastique. Ces éléments de paysage sont le plus lisible sur les secteurs des marais d’Olonne et de Noirmoutier. Noirmoutier est d’ailleurs reconnu pour son terroir de pommes de terre : La Bonnote de Noirmoutier.

Des paysages urbains qui se développent à partir des côtes rocheuses ou en bord de marais

L’urbanisation sur le littoral a connu un développement très rapide ces cinq dernières décennies et la compréhension de ces paysages urbains est souvent indissociable de leurs dynamiques. C’est pourquoi la description de ces paysages urbains littoraux sera plus particulièrement développée dans le volet des dynamiques paysagères.

Une implantation traditionnelle des bourgs à l’abri du littoral


Avec ses dunes instables et mouvantes, ses tempêtes parfois violentes et l’agression des embruns, la façade littorale ne constituait pas une zone d’implantation favorable pour le bâti. Les premiers bourgs se sont donc implantés préférentiellement sur deux situations plus favorables :
  • Les plateaux rocheux à l’abri d’un havre naturel dans l’estuaire d’un fleuve (comme St-Gilles-Croix-de-Vie ou les Sables d’Olonne) ou au nord des îles (Port Joinville, l’Herbaudière) : ce qui permettait par ailleurs de constituer un port à l’abri des vagues et de la houle
  • L’interface entre la dune et le marais. La dune, écran naturel aux vents, constituait cependant une menace d’ensablement qui a été limitée par la plantation de pins stabilisant les sables. On retrouve ainsi les localisations de tous les bourgs du pays de Monts, de Noirmoutier, des Olonnes (avec la particularité d’une implantation plus retro-littorale entre marais et plateau bocager), le Talmondais et l’estuaire du Lay

Une identité architecturale littorale modeste L’identité architecturale du littoral s’appuie avant tout sur les hameaux ruraux constitués de petites maisons basses, typiques des traditions vendéennes, de plain-pied. De volumétrie souvent modeste, en forme de longère, le bâti s’appuie sur une grande homogénéité des matériaux :
  • Les toitures se distinguent nettement dans le paysage par la couleur orangé des tuiles canal en tige de botte. Elles sont souvent soulignées par une génoise très travaillée où les égouts de toit, réalisés en tégulae, projettent leurs ombres graphiques
  • Les murs quant à eux sont traités en pierre de pays appareillées ou enduits au sable et blanchis à la chaux. Cette teinte blanche réagit au moindre rayon de soleil et rend, du coup, le bâti très présent dans le paysage

Ces maisons sont souvent accompagnées de petites dépendances (cave, cellier, four, garage) qui s’organisent en L ou en U autour du corps de bâtiment principal délimitant ainsi une cour souvent ouverte. Les parcelles étant généralement très réduites, il en ressort une organisation urbaine très dense de maisons généralement mitoyennes qui donnent des ambiances urbaines très intimistes et d’échelle humaine, liées à la succession de ces petits volumes imbriqués ouvrant sur des cours ou cadrant des fenêtres sur le paysage.


Dans les bourgs, ce modèle se développe en termes d’échelle dans la mesure où on retrouve en général des constructions mitoyennes avec un étage (plus rarement 2 sauf aux Sables d’Olonne) le long des rues. La densité urbaine est plus importante et l’espace public ne s’ouvre que sur de petites places souvent asymétriques.
Une identité architecturale balnéaire qui s’affiche sur le littoral Ces bourgs anciens tournés vers les activités portuaires, agricoles ou palustres ont pris progressivement une identité balnéaire en se développant avec le tourisme sur le littoral. Avec l’avènement de l’hygiénisme du siècle dernier qui valorisait les bains de mer, et surtout la mise en place des congés payés qui a amorcé le développement du tourisme populaire de masse sur le littoral, les villes se développent vers le littoral. Libérée des contraintes urbaines ou de tradition constructive, l’architecture balnéaire de villas ou de villégiatures plus modestes se distingue non pas par son style (les références ornementales ostentatoirement inspirées d’autres modèles architecturaux : anglais, normands, basques, mauresques…) mais plutôt par ses fonctions :
  • Voir la mer et prendre la lumière ce qui donne la priorité aux ouvertures sur la façade
  • Prendre l’air et ne rien faire ce qui se traduit par des terrasses, balcons, loggias
  • Aller à la plage ou à la pêche, ce qui nécessite souvent la présence d’une annexe, d’un garage ou sur la cote une cabane de plage pour entreposer le matériel nécessaire à ces activités
  • Se détendre à l’ombre à l’abri d’un arbre ou d’un auvent

Ces résidences, souvent secondaires, marquent la frange urbaine littorale ou s’inscrivent dans les quartiers littoraux avec pour certains des schémas urbains composés de manière très géométrique. Ces paysages urbains se sont par ailleurs développés avec de nouveaux équipements à l’architecture soignée, marquant la mutation des activités littorales vers le tourisme et les loisirs : casinos, hôtels de bain, centre de thalassothérapie, restaurants et commerces…


Des paysages urbains marqués par les évolutions du tourisme Avec la croissance du tourisme de masse, le paysage urbain littoral se développe avec de grands quartiers pavillonnaires notamment dans la dune boisée ou sur les plateaux bocagers. Les fronts de mer deviennent monumentaux avec des immeubles superposant les appartements avec vue sur mer. De même, les infrastructures touristiques aux accents de plus en plus urbains : les campings sous les pins se développent en villages de mobile-home.
La côte et surtout la plage concentre de nombreuses activités de loisirs qui vont au-delà du bain de mer du siècle dernier. Les sports nautiques (surf, kitesurf, planche et char à voile, jetski…) se partagent la plage et le littoral, les marinas se sont développées à l’appui des ports pour répondre aux demandes de la navigation de loisir et les voies douces relient les espaces littoraux.
Des infrastructures de plus en plus développées en zone rétro-littorale L’accueil de cette importante population touristique ou résidentielle a nécessité en parallèle une adaptation aux flux estivaux avec un redimensionnement voir la création d’infrastructures routières. Ce repositionnement des axes a induit le développement des zones commerciales et d’activités en secteur rétro-littoral. Il en est de même pour le dimensionnement de l’accueil et du stationnement sur les plages.
Un paysage marqué par la saisonnalité des activités et des usages Compte tenu de la forte fréquentation touristique estivale, l’ensemble des infrastructures d’accueil et de circulation est dimensionné pour une population estivale souvent décuplée par rapport à la population hivernale. Il en résulte un véritable contraste entre ces deux périodes : l’été, le paysage est très animé et les espaces sont investis pleinement alors que l’hiver, les campings sont fermés, les quartiers de résidences secondaires quasi « morts » donnent une impression de paysage « abandonné ». Cela s’ajoute à la saisonnalité des activités marines ou palustres qui pour la plupart suivent également les saisons.

Pour aller plus loin sur le patrimoine culturel et naturel

Patrimoine culturel :

Patrimoine naturel :

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