Les caractères de l’agglomération nantaise

Quand la Loire franchit le sillon de Bretagne…

Le plateau cristallin du sillon de Bretagne


L’agglomération de Nantes s’implante sur le plateau cristallin (granits gneiss et schistes) du sillon de Bretagne qui imprime sa direction armoricaine nord-ouest sud-est au paysage. Ce socle constitue un véritable promontoire urbanisé qui domine les vallées. On retrouve ces matériaux surtout dans la construction des murs d’enceinte de parcs ou des murs de clôture des jardins en coeur d’îlots.
Le socle du centre-ville s’est implanté sur les terrains sédimentaires quaternaires qui correspondent à des alluvions fluviomarins de l’estuaire de la Loire ou des alluvions de basses terrasses pour l’Erdre. Cette géologie se traduit par des sols instables qui se lisent dans le paysage par la topographie de plateformes remblayées des quais ou les façades « décalées » des maisons sur les anciens quais.
Un relief qui suit la direction armoricaine
Le relief est littéralement dessiné par le socle géologique, les vallons secondaires de la Chézine, du Cens et du Gesvres suivent la direction armoricaine des plissements des couches (nord-ouest/sud-est). Ils découpent le socle en ondulations successives presque régulières. C’est particulièrement lisible lorsque l’on emprunte les boulevards de ceinture dont les voies semblent dessinées sur de la tôle ondulée. Cela crée des jeux de covisibilités assez originaux dans la ville. A l’est le relief est moins découpé voir quasi plan. Au sud, la Loire ainsi sur l’Acheneau et la Sèvre Nantaise qui suivent la direction armoricaine délimitent un plateau faiblement ondulé.

Une confluence fluviale au coeur d’un carrefour urbain
La confluence fluviale sur ce territoire se traduit par un relief quasi plan encadré par les coteaux dessinés par le sillon de Bretagne. Le bâti tend à masquer cette horizontalité en dessinant des volumes sur les berges qui cadrent ces perspectives sur le fleuve.


La crête du sillon de Bretagne impose un « pincement » de la vallée de la Loire, induisant en amont les confluences de l’Erdre et de la Sèvre nantaise. Ce rétrécissement de la vallée était autrefois marqué par de nombreuses îles : si naturellement Nantes est un carrefour fluvial, c’est aussi le dernier point de franchissement relativement facilité avant l’estuaire.
On comprend aisément les raisons de l’implantation de la ville sur ce secteur (et également de l’essor du site gallo-romain de Ratiatum aux origines de Rezé, dont les vestiges sont encore très lisible à St Lupien). Ce site singulier joue encore aujourd’hui le rôle d’arrière port de St Nazaire avec un trafic fluvial non négligeable et une activité économique encore très lisible sur les bords de Loire à l’ouest de l’unité.

Une agglomération à la croisée de paysages contrastés

La couronne agro-naturelle de l’agglomération traduit directement la diversité des unités paysagères qui entourent la ville : à l’est se développe une vaste plaine maraîchère qui se prolonge de manière plus sporadique sur le nord. A l’ouest les extensions urbaines s’intercalent dans une trame bocagère résiduelle qui s’étire à partir des vallées. Plus au sud l’agglomération frange les limites du vignoble.


Avec leurs coteaux boisés relativement préservés et leurs prairies inondables, les vallées constituent de véritables traits d’union entre le cœur de l’agglomération et la campagne environnantes. C’est le cas non seulement pour les vallées majeures de la Loire, l’Erdre et la Sèvre Nantaise mais aussi de leurs nombreux affluents

Un paysage de carrefour viaire

Le paysage d’un carrefour autoroutier
Récupérant les grands axes routiers et autoroutiers régionaux, le périphérique est relativement éloigné du centre de Nantes. Avec son système d’échangeurs définis comme des portes sur l’agglomération (à la parisienne), il en a fortement conditionné l’évolution. Les zones d’activités se sont par ailleurs greffées à l’intersection du périphérique et des principales voies d’accès à l’agglomération. L’importance des flux domicile-travail et leur corollaire, les encombrements, contribuent à leur manière à conditionner la perception des ambiances urbaines.


Un couloir ligérien toujours structurant La Loire jouait autrefois un rôle central dans les déplacements notamment des navires qui pénétraient dans les terres par l’estuaire faisant de Nantes un port fluviomarin. Cela se traduit dans le paysage aujourd’hui par la continuité des cales et quais dans la ville. La navigation ayant laissé place à la route, en cœur de ville, une partie des voies a été gagnée sur les bras de la Loire et sur L’Erdre. Ces voies ont permis de dessiner un espace public à la dimension des anciens coeurs d’eau remblayés ou canalisés qui leur donne une échelle particulièrement large qui participe à l’aération du tissu urbain et à la perception de la monumentalité de la ville. Les exemples les plus marquants sont les cours des 50 otages, cours Kennedy et Roosevelt pour les bras de la Loire et le cours Saint-Pierre sous lequel l’Erdre est canalisé.
Les berges de Loire sont marquées par la présence forte des infrastructures de transport, notamment les plus anciennes, que sont les franchissements de la Loire, mais aussi par la voie ferrée, qui constitue une barrière forte de part et d’autre de la gare SNCF.

Un maillage viaire qui contribue à qualifier les paysages urbains
Par ailleurs, l’agglomération présente une typologie de voies variée : voies rapides, cours, ruelles… Ce tissu de voies définit l’échelle des îlots, fortement diversifiée selon les fonctions et les époques des différents quartiers. Il peut être très dense (comme dans le centre historique), comme quasi inexistant (dans les zones d’activité par exemple). L’agglomération nantaise présente la particularité d’avoir de nombreuses rues plantées de doubles alignements d’arbres avec une réelle diversité d’essences de plantation de ces arbres urbains.


Dans les quartiers correspondants aux extensions de ces cinquante dernières années, ce réseau est souvent peu hiérarchisé : une grande partie de la desserte locale est assurée par des voies en impasse.

Des transports en commun qui ont participé au renouvellement de l’espace urbain
Le réseau de transports en commun structure fortement le paysage urbain. Le tramway a en effet été un vecteur important de renouvellement de l’espace public, mais aussi d’animation (voir partie dynamique).

Les paysages urbains contrastés d’une métropole

Une diversité architecturale qui doit autant à la géographie qu’à l’histoire de la ville
L’unité est aussi située au carrefour des différents styles architecturaux. Les matériaux de construction utilisés sont le calcaire et le schiste. Les matériaux de couverture utilisés rappellent que la Loire est bien une frontière géographique qui se traduit sur les toitures par l’ardoise au nord (île Feydeau), et la tuile canal au sud (Trentemoult).


On y observe aujourd’hui une grande diversité architecturale, depuis la ville ancienne médiévale avec ses maisons à pan de bois et classique avec ses îlots bien composés de façades symétriques, les reconstructions de l’après-guerre et les grands ensembles, les lotissements résidentiels des années 1990 et l’architecture contemporaine de haute qualité environnementale, sans oublier les constructions industrielles et tertiaires. A ce patrimoine remarquable s’ajoute un patrimoine ordinaire, qui renvoie à la tradition ouvrière de la ville et doit autant à l’époque classique qu’à l’époque contemporaine (A Saint-Sébastien : construction de la « Cité des Castors » de la Profondine inaugurée en 1956, à Rezé, construction de la maison radieuse de Le Corbusier inaugurée en 1955, à Saint-Herblain, le sillon de Bretagne est le plus grand immeuble HLM de l’Ouest de la France, achevé en 1974).

Des trames urbaines identitaires qui composent des paysages urbains contrastés
Les différents types d’organisation urbaine de l’agglomération sont détaillés par sous-unités paysagères.
Les extensions de agglomération ne se sont pas faites progressivement mais par « blocs », par pans de ville entiers, et ont ainsi formées une mosaïque de quartiers parfois peu hiérarchisée mais souvent très identitaires. Cette mosaïque définit une ambiance globalement « verte » d’où émergent des repères marquants.


Une identité portuaire et industrielle à la fois patrimoniale et vivante Le quai de la Fosse et les rues qui y descendent, où se trouvaient les maisons de filles à matelots, constituent l’ancien port de Nantes. L’activité industrielle s’est depuis plusieurs siècles installée sur les bords de Loire selon un urbanisme fonctionnaliste, pour mieux acheminer les marchandises transportées par la Loire. Sur les berges de Loire ce sont les bâtiments industriels, les grues et les rampes des anciens chantiers navals, qui dominent notamment à l’ouest de l’unité. Ils se distinguent par leur volume imposant et leurs couleurs métalliques. Ils développent le long des quais de vastes zones d’activités interdites au public ce qui rend ces points de vue sur la ville par la Loire assez confidentiels. A l’instar du port de Saint-Nazaire, mais dans une moindre échelle, les grues monumentales et le pont de Cheviré scandent le ciel de leurs couleurs vives. Le paysage change de dimension et se compose à la mesure du cargo et du camion ; toujours en mouvement ce paysage vit au rythme de l’activité de son port.

Pour aller plus loin sur le patrimoine culturel et naturel

Patrimoine culturel :

Patrimoine naturel :

Source bibliographique

  • VU D’ICI, AGENCE ROUSSEAU, ALTHIS, AQUALAN. Atlas des paysages de Loire-Atlantique. DREAL des Pays de la Loire, DDTM de Loire-Atlantique. 2010.

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