Les caractères de l’agglomération angevine

Deux sillons structurants et fédérateurs : la Maine et le sillon ardoisier.

Angers et son agglomération sont implantées sur un site géographique majeur, site de confluences marqué par des éléments naturels forts qui structurent le territoire urbain et s’accompagnent de coulées vertes importantes entre les secteurs d’urbanisation.

Le Sillon Ardoisier
Angers apparaît dans l’histoire au premier siècle avant J.C. Le promontoire schisteux qui domine La Maine devient un oppidum (peut être le principal) du peuple celte des Andes. La ville gallo-romaine est officiellement fondée au début de notre ère sous le nom de Juliomagnus.


Orienté nord-ouest / sud-est, le sillon ardoisier (en bleu sur la carte ci-dessus) marque de sa direction armoricaine le site d’implantation d’Angers et de son agglomération. Il est lisible : à l’est au niveau des ardoisières de Trélazé, au château implanté sur un éperon schisteux, et, à l’ouest au niveau de l’étang Saint-Nicolas. Le premier a longtemps fait la renommée d’Angers (production d’ardoises) et constitue aujourd’hui une véritable zone naturelle de loisirs.
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Paysage minier du site des ardoisières de Trélazé reconverti en parc urbain et naturel (Trélazé)
Paysage minier du site des ardoisières de Trélazé reconverti en parc urbain et naturel (Trélazé)

L’implantation particulière du château sur un promontoire schisteux lui procure une force paysagère et urbaine de par sa position dominante, et l’effet de paroi à la texture particulièrement perceptible coté Maine. L’étang Saint-Nicolas quant à lui constitue un parc urbain dans la continuité des espaces du bord de Maine qui présentent des faciès très particuliers : relief de faille, effet de paroi rocheuse, végétation de landes, boisement… que l’on retrouve aussi ponctuellement dans le paysage urbain de Belle-Beille. Il est l’illustration d’un bel exemple de réhabilitation et de reconversion d’un ancien site d’activité qui fait l’objet d’une protection de site classé depuis 1936.
Le sillon de La Maine Cet axe nord-sud constitue une rupture dans le sillon ardoisier (d’où l’appellation de « cluse de la Maine »), une respiration dans l’urbanisation. La Maine s’accompagne d’un vocabulaire particulier lié à la navigabilité passée et actuelle : quais marqués soulignés par des alignements de façades et de platanes, pontons, ports… mise en scène des vieux ponts, relations visuelles étroites d’une rive à l’autre, respiration offrant un certain recul par rapport aux façades bâties.

La rencontre de matériaux : schiste, sable et tuffeau Ces deux sillons ont tous deux été exploités : carrière et mines de schiste ardoisier sur l’axe est-ouest, et sablière sur la Maine (site du Lac de Maine). Ils rappellent ce passé industriel d’Angers, même si ces paysages aujourd’hui sont empreints d’aménité. Ils ont un usage récréatif, et de respiration dans le tissu urbain dense. La Loire a permis le transport de ces matériaux, et le lien avec les carrières de tuffeau toutes proches. L’architecture traditionnelle de l’agglomération angevine se caractérise donc par les matériaux suivants :
  • Le Schiste : à l’état brut (affleurement rocheux), toitures d’ardoises, murs et murets de clôtures de jardins ou de parcelles maraîchères, façades, revêtement de sol et mobilier urbain…
  • Le Tuffeau : façades et ornementation des façades et des murs
  • Le Grès : Revêtement de sol, et certains murs de clôture
  • Les enduits et crépis clairs sur les façades

Entre deux confluences, l’agglomération angevine développe son territoire entre plaines et plateaux
L’agglomération angevine se définit comme une agglomération entre deux confluences, Sarthe, Mayenne et Loir au nord des portes de la ville, La Maine et la Loire au sud. Ces plaines inondables (altitude moyenne 15 m NGF à 30 m NGF) sont dominées par les coteaux urbanisés et leur plateau (altitude moyenne 70 m NGF) La vallée a entaillé le plateau et le sillon ardoisier, générant des ondulations notamment à la rencontre du sillon ardoisier, ondulations confortées par le réseau de petits vallons perpendiculaires à la Maine (dont le vallon du Brionneau), à la Mayenne, la Sarthe et au Loir voire même à l’Authion (ruisseau du Frotte Pénil souligné par la côte de Frémur).

Une perception contrastée de l’agglomération entre centre et périphérie

Une silhouette urbaine identitaire
Le triptyque château/cathédrale/tour Saint-Aubin constitue une association forte et identitaire. Sa position dominante lui confère un rôle prépondérant dans l’appréhension de l’agglomération : élément repère et d’appel.
La silhouette générale de l’agglomération s’appuie sur des bâtiments de hauteur généralement modeste, soulignant la morphologie complexe et particulière de la ville, et constitue ainsi un ensemble homogène.



Les portes de l’agglomération angevine : Dans un premier temps, ce qui frappe dans l’appréhension du territoire de l’agglomération angevine, c’est le contact franc et brutal entre urbanisation dense et espace naturel protégé et de caractère aux portes de l’agglomération :
  • la confluence des Basses Vallées Angevines au niveau de l’Ile-Saint-Aubin au nord,
  • la confluence Loire/Maine et prairies de la Baumette au sud,

Dans un second temps, c’est la densité et l’imbrication des infrastructures routières qui marquent aussi fortement les franges urbaines et constituent des portes moins identitaires, plus banalisantes de cette agglomération. Des noeuds routiers majeurs qui s’imposent sur une large surface du fait de la prise en compte du trafic et des girations nécessaires à la sécurité et la fluidité des échanges :
  • le noeud routier nord-est à l’articulation de l’A11, l’A87 et la RD 323 en association avec les éléments divers du parc des expositions qui s’appuie sur une image rurale de verger
  • au sud, l’échangeur des Ponts-de-Cé – Mûrs-Erigné, nœud routier entre A 87, la RD 748, puis relayé au plus au nord par l’accès au centre et à la RD 347 vers Saumur
  • au sud-ouest, l’échangeur A11 – RN 323 au cœur d’un réseau bocager et arboré support de développement industriel



Enfin, en pénétrante nord-sud, la RD 106, son échangeur avec l’A11, conforté par l’échangeur de l’Atoll, véritable rocade au cœur de l’agglomération semble isoler Beaucouzé, en créant une porte intermédiaire à l’échangeur avec la RD 723 et son cortège de zones à vocation d’activités commerciales, industrielles, artisanales, tertiaires. Les infrastructures dominent, sans pour autant révéler l’identité de l’agglomération.

Des structures urbaines variées qui dessinent chacune leur paysage urbain

Les différents types d’organisation urbaine de l’agglomération sont détaillés par sous-unités paysagères. Les extensions de l’agglomération ne se sont pas faites progressivement mais par « blocs », par pans de ville entiers, et ont ainsi formé une mosaïque de quartiers parfois peu hiérarchisée. Cette mosaïque définit une ambiance globalement « verte ».

Identité horticole et tradition du végétal

Du centre historique aux quartiers résidentiels, des barres d’immeubles aux zones d’activités… l’agglomération angevine s’articule autour de quartiers d’ambiance et d’échelle très différentes réunis par une trame végétale très marquée qui participe au caractère de la ville. On observe d’une part un gradient végétal très fort depuis le centre et les deux sillons structurants vers l’extérieur de l’agglomération et d’autre part un gradient de banalisation et de perte du caractère identitaire du cœur vers les franges urbaines.
L’agglomération angevine est forte de son identité horticole et de sa tradition du végétal qui certes se développe plus en termes de production dans le Val d’Authion mais qui trouve ici sa transcription spatiale, à différentes échelles :

  • Production horticoles et maraîchères au nord de la confluence entre Maine-et-Loire qui se concrétise dans la politique de fleurissement et de mise en scène du bâti et des quartiers,
  • Trame arborée au coeur de la ville avec la culture de l’arbre d’alignement et dans les extensions périphériques ou secteurs sous pression en lien avec la trame bocagère et les registres de petits bois,
  • Coulées vertes urbaines préservées structurantes, au cœur des quartiers qui tissent un réseau de liaisons douces du cœur historique jusqu’aux espaces agricoles périphériques ou aux espaces naturels majeurs,
  • Parc de loisirs sur le thème du végétal : Terra Botanica en appui sur le coteau de la Mayenne et sur le développement des quartiers des plateaux de la Mayenne et des Capucins.

Pour aller plus loin sur le patrimoine culturel et naturel

Patrimoine culturel :

Patrimoine naturel :

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