Des ensembles forestiers plutôt rares et inégalement répartis sur l’ensemble du territoire régional


Concentrées à l’Est, les forêts montrent une répartition inégale à l’échelle de la région

La région des Pays de la Loire présente une faible couverture boisée comparée aux autres régions françaises : son taux de boisement est de seulement 10,4 % pour une moyenne nationale de 29 %, la plupart des forêts et des boisements se concentrant sur les terres du bassin parisien, à l’Est de la région, sur les départements de la Sarthe et du Maine-et-Loire. En Pays de la Loire, la forêt se compose de 2/3 de feuillus, majoritairement des chênes et des châtaigniers, et de 1/3 de résineux (majoritairement le pin). Il s’agit pour l’essentiel d’une forêt privée (environ 90 % de sa surface).

Sur ce secteur, les couverts forestiers s’organisent en réseau continu, d’épaisseur variable selon la taille des boisements, dont l’articulation forme autant de clairières utilisées comme espaces de vie humaine. L’amplitude de ce réseau fait de la forêt une ligne d’horizon systématiquement présente, elle crée des transitions marquées d’une chambre paysagère à l’autre, par changement des ambiances paysagères et des jeux d’échelle.


Sur les secteurs occupés par le socle cristallin du massif armoricain, particulièrement au Nord de la Loire-Atlantique, de la Mayenne et de la Sarthe, les boisements sont moins nombreux (mais généralement plus grands) et occupent davantage de grands espaces correspondant généralement aux lignes de crête topographiques marquant les territoires.

Les forêts disposent alors de contours nets et précis, elles forment des entités délimitables autour desquelles s’organisent les espaces de vie. Il s’agit de ponctuations boisées marquantes qui structurent l’horizon et délimitent des bassins visuels. La lisière forestière marque alors une ligne sombre sur l’horizon.

Les plus importantes de ces forêts sont la forêt domaniale du Gâvre (44), la forêt de Teillay (44), la forêt de Juigné (44), la forêt de Mayenne (53), la forêt de Pail (53), la forêt domaniale de Sillé-le-Guillaume (53), la forêt de la Grande Charnie (53 et 72), la forêt domaniale de Ferseigne (72).

Sur les autres secteurs, les boisements peuvent être étendus mais restent d’une superficie moindre, même si leur rôle paysager de ligne sur l’horizon et en termes de changement d’ambiance est encore bien manifeste. Ainsi la Vendée compte très peu de boisements et seule la forêt de Fontenay-le-Comte marque une emprise importante à l’échelle régionale.

Des forêts de type varié, adaptées aux conditions naturelles de la région

Les conditions climatiques (pluviométrie, température, ensoleillement), d’exposition (selon le relief), de sol (roche mère, perméabilité, rétention d’eau…) se sont combinées à l’action de l’homme (travail du sol, intérêt économique, mode de gestion…) pour façonner les forêts actuellement présentes dans les Pays de la Loire. Les forêts montrent ainsi des cortèges spécifiques distincts d’un secteur à l’autre.

Le développement des forêts dépend des gestionnaires, ce qui induit des effets paysagers. On distingue ainsi les boisements selon leur composition (peuplements réguliers composés de sujets du même âge, mélanges taillis-futaies), leur organisation (régulière, spontanée), leur densité…
Les boisements se partagent entre essences feuillues et essences résineuses, les premières étant les plus représentées à l’échelle régionale.


Des boisements feuillus dominés par le chêne, aux ambiances changeantes dans le temps


Le chêne sessile est ainsi l’espèce la plus présente, couvrant l’essentiel des forêts feuillues. Il s’accompagne de chêne pédonculé et de châtaignier pour l’essentiel, parfois de hêtres, de jeunes ormes, de bouleaux, de charmes, de chênes verts… selon les substrats du sol, le climat et le relief.

Des boisements persistants opaques, rythmés par le pin

Les forêts de persistants créent des ambiances homogènes dans le temps.

Chez les essences persistantes, le pin maritime et le pin laricio sont les plus cultivés. Ils sont supplantés sur certains secteurs dont le Nord mayennais par des pins sylvestres ou des pins douglas. Des enrésinements des forêts ont été enclenchés dans les années 1960, dont les plantations ont parfois été intégrées dans le paysage par la mise en place de lisières feuillues. Cette disposition s’observe particulièrement en période hivernale, lorsque les masques créés par les feuilles disparaissent.

Les forêts de persistants montrent des teintes plus sombres. Elles ont souvent une dimension fortement graphique dans le paysage en raison de l’architecture structurée des branches et de leur silhouette caractéristique.


La spécificité des forêts dunaires littorales


Le littoral est marqué par des boisements denses de pins maritimes mêlés de chênes verts, dont la plantation sous Napoléon a permis de stabiliser les dunes de sable alors considérées comme dangereuses pour l’installation de l’homme sur la côte. Les arbres situés en lisière des plages sont soumis à l’anémomorphose : leur développement est soumis aux vents forts venant de l’océan, ce qui leur donne un aspect ramassé et sinueux. Au cœur des boisements, les arbres sont davantage protégés et ont un développement plus élancé.

Malgré leur densité, les forêts de pins montrent une certaine perméabilité visuelle liée à leur forme élancée. Elles jouent aussi d’effets de transparence forts permettant des contrastes de lumière. A l’horizon, elles définissent un liseré sombre.

Les forêts, un maillon important de la trame verte et bleue

Les forêts constituent un maillon important de la trame verte et bleue tant pour la faune sauvage que pour la flore. Elles ont un rôle environnemental majeur et un rôle d’habitat et de milieu de vie pour de nombreuses espèces. A l’image des cervidés qui s’accommodent volontiers des jeunes arbres et des sous-étages, certaines espèces peuvent intervenir sur le milieu et menacer le reouvellement des peuplements et les objectifs de rentabilité des forêts. La mise en place de procédés pour une gestion équilibrée se retraduit dans le paysage (réserves de chasse inaccessibles, mise en place de moyens de protection des arbres ou de clôtures, abattage des arbres malades, lutte contre les incendies…).

Les forêts constituent aussi le premier réservoir de bois. Outre ce rôle économique, elles participent également à la qualité de la vie locale en étant un support de choix aux activités de plein air.

La production de bois d’œuvre permet d’alimenter les secteurs de la menuiserie et de l’ébénisterie : charpentes, sciages, meubles… particulièrement pour les chênes et les pins. Ce bois d’œuvre est visible dans le paysage lorsqu’il est utilisé pour les extérieurs ou apparent. La merranderie, la confection de panneaux, le bois de chauffage, le parquet sont d’autres débouchés, moins visibles dans le paysage puisque confinés dans les intérieurs. A noter la production de piquets de châtaignier, que l’on retrouve dans les aménagements extérieurs (clôtures, production de fascines…).

La ressource primaire valorise une ressource secondaire : les activités de loisirs extérieurs, parmi lesquelles la chasse, la découverte itinérante (itinéraires de grande randonnée, boucles communales, VTT), la cueillette (noix, châtaignes, champignons…).

L’implantation rythmée des peupleraies


Dans certaines vallées, les ripisylves peuvent être accompagnées par la présence de peupleraies qui imposent un rythme caractéristique dans le paysage (équidistance des sujets, structuration rectangulaire des plantations), et viennent créer des masses végétales qui tendent à fermer le milieu. L’articulation de ces peupleraies peut former des verrous boisés dans les fonds de vallée et les plaines alluviales, qui bloquent les vues de coteau à coteau, mais aussi des effets de couloirs visuels qui participent à la mise en scène du paysage.
Les peupleraies se dégagent visuellement de la ripisylve naturelle par des verts plus profonds tirant vers le roux. Les peupliers montrent également un décalage du bourgeonnement des feuilles au printemps, ce qui crée des effets de contrastes intéressants.

Synthèse : les forêts en point de contraste du paysage

Les forêts constituent des masses repères ou d’appel, induisent des effets de lisières, développent en leur sein des ambiances dominées par les jeux de textures et effets de lumières. Milieux à la fois naturels (réserve faune, flore…) et exploités, elles s’accompagnent d’une vie économique (exploitation, loisirs…) souvent intense.

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