Les sous-unités paysagères du marais breton vendéen


Du fait de l’évolution progressive des marais et notamment par la fermeture naturelle (par l’ensablement dunaire) ou par poldérisation, le gradient entre le marais doux et le marais salé s’est étendu et diversifié du sud au nord. Ainsi on constate des variations sensibles dans la structure paysagère du marais breton vendéen qui permettent de distinguer du nord au sud :
  • Les marais de Bouin
  • Les marais de Monts
  • Les marais challandais

Les marais de Bouin


Ces paysages variés alliant marais maritimes et doux, s’étendent entre les polders abrités derrière la digue qui ferme la vue sur l’océan à l’ouest et un coteau doux viticole et maraîcher à l’est. Au nord du port du Collet, la digue est prolongée par un cordon dunaire marqué de pêcheries à carrelets que l‘on retrouve de manière plus anecdotique sur certains étiers.
Fonctionnant encore au contact et au rythme de l’océan, ces marais présentent sur la zone littorale une alternance de grandes cultures sur les zones poldérisées et de bassins aquacoles, ostréicoles (claires à huitres) ou d’algoculture. Ces zones de cultures marines ont été implantées durant la seconde moitié du XXème siècle et se caractérisent par l’alternance de « cabanes » et de bassins de formes et de factures diverses.
Plus en arrière, le paysage est structuré par un réseau dense d’étiers, canaux et fossés délimitant un petit parcellaire de prairies de pâtures. Sur chacune d’elle, on retrouve une petite mare servant à abreuver le bétail. L’absence d’arbre est caractéristique et seuls subsistent le Tamaris et le Cyprès : quelques lignes squelettiques de tamaris le long des canaux et des cyprès plantés pour isoler des vents à l’ouest du bâti isolé.

De la Barre de Monts à Bouin, le paysage garde la marque des anciens marais salants plus ou moins abandonnés avec l’ensemble des gradients de salinité associés et surtout les lames d’eau des anciens œillets. Les marais doux de Bois-de-Cené sont alimentés par les eaux de la Loire via le canal qui relie le Falleron au Tenu au niveau de Machecoul. Ce paysage de prairies pâturées ou fauchées encadrées de roselières voit s’implanter progressivement l’aulne et les saules, à l’approche des coteaux et des marais de Monts au sud.

Les marais de Monts


Paysage horizontal de marais ouvert quadrillé de canaux et ponctué de carrelets, les marais de Monts se caractérisent par la faible présence bâtie diffuse dans le marais. Le secteur ne présente pas d’urbanisation insulaire comme dans les autres sous-unités paysagères. Les seules concentrations de bâti se font de manière linéaire le long des voies. Les zones de cultures prises sur l’océan au cours du XIXème siècle se caractérisent aujourd’hui par des structures rectilignes qui correspondent aux polders cultivés de cette période.
Le marais doux rétro-littoral est déconnecté de l’océan depuis la fermeture de l’estuaire de la Baisse. On y retrouve aujourd’hui un paysage mixte de cultures céréalières (proche de la dune et sur les terres douces) et de prairies humides à topographie basse (0 à 1 mètre NGF) ourlées de phragmites. A noter le château d’eau panoramique de Notre-Dame-de-Monts qui offre un point de vue remarquable dominant l’ensemble des paysages rétrolittoraux et littoraux du Pays de Monts.

Les marais challandais


Les paysages des marais challandais sont eux-aussi ouverts mais interrompus par un archipel d’îles allongées et presqu’îles habitées. Souvent boisées en leur centre, elles sont ourlées de parcelles maraîchères qui les distinguent nettement sur l’horizon. Elles présentent aujourd’hui un habitat diffus qui s’égrène le long des principaux axes viaires. Ce bâti est souvent masqué par les haies bocagères, qui matérialisent la limite entre l’île et le marais. Ces dernières sont souvent accompagnées par un canal collecteur.

Structurées de manière similaire aux anciens polders des marais de Monts, les parcelles sont ici plus grandes. Seules des cultures en lanières séparées par des fossés d’irrigation et de drainage accompagnent les courbes des étiers navigables qui emmènent du coeur de marais jusqu’à la confluence de la Vie et du Ligneron. Les étiers sont bordés d’une frange végétale qui raccourcit les vues dans le marais.


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