Les sous-unités paysagères des vallées du Haut-Anjou


L’unité paysagère des vallées du Haut-Anjou se caractérise par des éléments de paysage déclinés à des échelles différentes. On trouve ainsi :
  • une grande hétérogénéité de l’habitat qui se traduit au niveau des orientations des bâtiments, de leur nombre et de leur disposition les uns par rapport aux autres, mais aussi au niveau de la palette chromatique et texturale des matériaux utilisés…
  • plusieurs registres végétaux : bois de feuillus et de conifères, peupleraies, un large panel de haies bocagères (haies arbustives taillées, haies d’arbres avec un sous-étage dense, quelques haies d’arbres taillés en têtard …)

Jouant sur l’alternance géographique entre plateaux et vallées, cette unité se traduit par un paysage à la fois clair et lisible dans sa structure. Cependant, une certaine confusion liée à l’occupation du sol donne le sentiment d’être perdu malgré des repères visuels forts.

Cette unité paysagère offre des ambiances contrastées et/ou homogènes qui déterminent des sous-unités :

  • Les basses vallées angevines
  • La basse vallée de la Sarthe
  • La basse vallée de la Mayenne
  • Les plateaux du Haut-Anjou

Les basses vallées angevines

Un paysage de confluence au rythme des eaux
C’est une évidence, l’eau est la constante paysagère majeure des basses vallées angevines, qui régit les changements d’ambiances :

  • En été, les rivières décrivent de larges méandres soulignés de berges enherbées ou parfois bordées d’une ripisylve à frênes, aulnes… le dense réseau des boires anime les vastes prairies ouvertes constituant un paysage ample, harmonieux, d’échelle agréable. Plus, on se rapproche des coteaux, plus le bocage à frênes se densifie. Les prairies présentent une grande qualité paysagère et richesse floristique et faunistique.
  • En hiver et au printemps, l’eau recouvre tout aplanissant les subtilités du relief, renforçant le sentiment d’horizontalité … créant une ambiance de grands lacs, voire impression de petites mers, si ce n’est la présence de quelques éléments végétaux (lignes de frênes) qui dépassent ça et là.

La Mayenne (grossie par l’Oudon), la Sarthe et le Loir traversent des zones géographiques proches et présentent des régimes hydrauliques similaires. Les crues fréquentes sont souvent assez impressionnantes et inondent l’ensemble des basses vallées en amont d’Angers. Protégeant ainsi la ville d’Angers, ces crues sont très étalées et risquent parfois de se cumuler avec celles de la Loire (et donc de la Maine) amplifiant alors considérablement le phénomène. Un réseau hydrographique dense et complexe envahit toutes les basses vallées : les rivières aux méandres prononcés sont secondées par les boires et petits bras qui se détachent des cours principaux et irriguent tout un réseau de fossés soulignés de frênes têtards.




Une flore particulière qui teinte singulièrement ces paysages, au rythme du bocage et des peupleraies Frênes oxyphylles (Fraxinus oxyphylla) dans le secteur de confluence, frênes communs (Fraxinus excelsior) dans les vallées, saules et quelques aulnes constituent la base arborée de la flore des basses vallées. Les prairies naturelles sont soumises à des conditions locales particulières : inondation et submersion annuelles, puis fauchées ou pâturées en été. Les grandes prairies inondables et les boires inondées en hiver, longtemps gorgées d’eau au printemps, se couvrent d’herbes et de fleurs d’une grande diversité, telles la fritillaire (Fritillaria meleagris) l’inule britannique (Innula britannica), le pigamon jaune (Thalictrum flavum)… une végétation qui est devenue au fil du temps emblématique de ces vallées.
La présence de quelques écrans ponctuels liés aux lignes de frênes têtards (principalement sur les îles) et aux haies bocagères (principalement sur les rives) induit un jeu visuel très fort. Les paysages présentent ainsi une grande profondeur. Les lignes de frênes têtards offrent une silhouette graphique et identitaire liée à leur mode de gestion. Les arbres sont alors constitués d’un tronc court surmonté d’une tête boursouflée d’où partent les branches. Le changement des habitudes culturales a induit de nouveaux paysages par la plantation de peupleraies. Ces dernières entrent dans le jeu et le fonctionnement visuels des vallées.
Les prairies ouvertes de l’île Saint Aubin : la confluence au sens strict : LÎle Saint-Aubin, vaste prairie ouverte, s’étend au pied de l’agglomération angevine entre Mayenne (à l’ouest), Vieille Maine (au nord) et Sarthe (à l’est). Le bocage et quelques peupleraies renforcent l’écran des coteaux en lisière. Accessible seulement par bac depuis le port de l’île, ces pâtures privées sont entourées de circuits de découverte balisés menant à l’ancienne ferme au coeur de l’île convertie en maison de l’environnement.
Hors d’eau, un bâti, des villages et hameaux en pied de coteau Les villages sont implantés en pied de coteau et leur urbanisation s’étage sur ce dernier. Chaque implantation correspond à la proximité de la rivière près du coteau, ce qui souligne la relation étroite entre urbanisation et rivière : échanges commerciaux, activités portuaires, utilisation de la force de l’eau pour faire fonctionner des moulins…
Cette relation étroite avec les rivières se traduit au niveau des formes urbaines étagées sur le coteau, des chemins de halage, des écluses, des barrages et des moulins, des nombreux hameaux portuaires comme le Moulin d’Ivray sur la commune d’Etriché, le hameau de Port Joret à Juvardeil, Porte-Bise à Tiercé …
D’étroites relations visuelles se tissent de coteau à coteau, de village à village dont les clochers constituent d’importants points de repères. Ces villages et hameaux offrent un patrimoine bâti remarquable qui participe à la qualité de ces sites au coeur d’une ambiance paysagère particulière avec notamment des moulins, de belles demeures au cœur de parcs…

Les infrastructures : routes et levées
Il y a très peu de connexions transversales si ce n’est la petite levée bordée de frênes souvent submergée entre Briollay et Soulaire et Bourg et celle plantée de platanes entre Tiercé et Cheffes. Il y a aussi quelques ponts dans les secteurs les plus étroits, à Châteauneuf-sur-Sarthe, entre Soucelles et Villevêque et à Cantenay-Épinard.
Construite vers la moitié du XIXe et rehaussée il y a quelques décennies, la levée de Briollay est l’axe le plus marquant avec un impact visuel fort. Cet axe a énormément favorisé le développement de l’urbanisation sur le coteau de Briollay-Vérigné et de Soucelles, qui se retrouvent aussi rapidement connecté à Angers. De même, cette pression urbaine se ressent ainsi sur Cantenay-Épinard, Écouflant et jusqu’à Tiercé.


La basse vallée de la Sarthe

En amont de Châteauneuf-sur-Sarthe, la vallée de la Sarthe perd son amplitude caractéristique des basses vallées. Ce resserrement de la vallée se traduit par des méandres plus rapprochés et moins amples de la rivière. La vallée se caractérise par un profil dissymétrique avec un coteau plus marqué sur l’extérieur des méandres que sur l’intérieur et la présence de terrasses alluviales qui peuvent créer des ressauts dans le relief à l’approche de la rivière.



Le fond de vallée quasi plan est occupé par des prairies de pâtures bocagères inondables, lovées au creux des méandres. La présence ponctuelle de peupleraies vient fermer les vues de coteaux à coteaux ou les perspectives dans l’axe des vallées. Sur les coteaux doux alternent boisements, prairies bocagères, châteaux. Les bourgs s’y étagent à partir d’une façade sur la rivière navigable où la façade urbaine et les jardins accompagnent le patrimoine spécifique d’écluses, moulins, quais…

La basse vallée de la Mayenne

En amont de Montreuil-Juigné, la vallée de la vallée de la Mayenne devient sinueuse et encaissée. Elle est marquée par un important patrimoine lié notamment à sa navigabilité : quais, ports, écluses, cales, chemin de halage dont la continuité avec l’agglomération angevine en fait un axe de découverte et de circulation douce aujourd’hui très attractif.
Le paysage de la basse vallée de la Mayenne est marqué par un vrai contraste entre la rive droite au coteau abrupt boisé, avec des bourgs en promontoire sur la vallée et la rive gauche au coteau doux découpé de nombreux vallons secondaires souvent boisés avec des bourgs présentant une façade sur la Mayenne.




Carrefour viaire et articulation urbaine, le Lion-D’Angers s’implante au niveau de la confluence entre l’Oudon et la Mayenne, marquée par les équipements des haras nationaux.

Les plateaux du Haut Anjou

Ces plateaux d’interfluves ondulés sont caractérisés par un bocage semi-ouvert lié à une activité agricole de polyculture élevage. Ils sont marqués par la présence de nombreux vergers liés à une importante activité d’arboriculture fruitière. Les pommiers, poiriers, cerisiers… menés en rideaux se distinguent souvent au loin par les voiles d’ombrage et pare-grêle. Par ailleurs de nombreux boisements referment ponctuellement le paysage (tendance sur certains secteurs à l’enfrichement des prairies bocagères ou à leur boisement). Seuls les secteurs de grandes cultures ouvrent de longues perspectives sur le plateau et les vallées. Les champs sont souvent bordés de chênes, châtaigniers, noyers alignés ou isolés, témoins de la trace d’une ancienne haie.


L’habitat rural du plateau est traditionnellement diffus et quelques éléments patrimoniaux constituent des repères plus marquants : châteaux et parcs, fermes modèles, anciennes loges de vigne (activité viticole ancienne sur les secteurs Tiercé, Baracé et de Saint-Denis-d’Anjou devenue plus anecdotique aujourd’hui).

Une forte pression urbaine, liée à la proximité de l’agglomération angevine, est plus particulièrement lisible sur les bourgs de la moitié sud de la sous-unité (développement de quartiers pavillonnaires ou diffusion urbaine notamment le long des coteaux.

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