Les sous-unités paysagères des plateaux du Baugeois


Le relief et les jeux topographiques, l’utilisation du sol, des variations au niveau de l’architecture et de l’implantation des villages, des changements de proportions dans les jeux d’alternance et les degrés d’ouverture du paysage… induisent des variations paysagères sur une même structure identitaire, dessinant ainsi quatre sous unités :
  • Les buttes boisées du Jarzéen
  • Les clairières des Rairies
  • La plaine du Noyantais
  • Les forêts du Vernantais

Les buttes boisées du Jarzéen

Le secteur ouest des plateaux du Baugeois est marqué par une dynamique topographique très forte qui se traduit :

  • par des buttes et vallonnements très prononcés qui engendrent des phénomènes de covisibilité très importants dans lepaysage : vues de buttes à buttes et de coteaux à coteaux, depuis les hauts de buttes non boisées et les lignes de crêtes,vues panoramiques et percées visuelles lointaines ;
  • par les bascules du plateau vers le Loir et vers la vallée de l’Anjou qui permettent depuis le plateau des vues longues et dégagées sur ces deux vallées majeures et qui induisent parfois une certaine confusion spatiale : le sentiment d’être dans la vallée de par la très forte relation visuelle qui existe tout en étant toujours dans le plateau baugeois.

Ces jeux de reliefs et de covisibilités induisent sur l’ensemble de cette sous-unité une très forte sensibilité paysagère à toute nouvelle occupation, renforcée par l’ouverture du paysage. Depuis les voies de communication, les angles de découverte et les tableaux observés changent continuellement. Habitat, bois, arbres isolés, manoirs… sont autant de relais visuels parfaitement visibles grâce au jeu du relief. Ils sont bien ordonnancés les uns par rapport aux autres, ce qui renforce la lisibilité du paysage, son dynamisme et son harmonie. Les villages sont perchés et dominés par les clochers des églises, véritables points d’appel. Généralement en ardoises, certains présentent la particularité d’être vrillés ou « tors » (Chemiré-sur-Sarthe, Le-Vieil-Baugé, Fougeré, Fontaine Guérin…). Les manoirs et châteaux sont implantés sur les hauteurs et mis en scène par de vastes parcs qui jouent avec la silhouette de l’édifice, la valorise par une accentuation de la perspective et la création d’une fenêtre ou cadre végétal de qualité. Les matériaux caractéristiques sont le tuffeau et l’ardoise (couleurs froides et contrastées). Les bois sont principalement constitués de feuillus avec ponctuellement quelques pins. Cependant, les replantations actuelles sont effectuées en pins.

Les clairières des Rairies


Les clairières des Rairies se distinguent :
  • par la palette chromatique très chaude des matériaux qui caractérisent l’habitat traditionnel de cette région : enduits ocre-rouge, ornementation des façades avec de la brique (encadrement des portes et fenêtres), des carreaux de terre cuite en frise au niveau des corniches…. Les ocres rouges ressortent ainsi au niveau des fronts de carrières, dans les anciens trous d’extraction.
  • par des boisements dominés par les résineux, et l’importance des landes et des peupliers
  • par une utilisation intense et spécifique du sous-sol : Lieu d’extraction, secteur de production de briques, tuiles, carreaux… induisant une architecture particulière et adaptée à la cuisson de la terre (Cf. pour en savoir plus).

Toute la vie de cette petite sous-unité s’organise autour de cette activité et modifie profondément le paysage des plateaux du Baugeois. Les parcelles cultivées se transforment en site d’exploitation puis une fois exploitées en friches. Le paysage du secteur des Rairies est confus. Lisible par rapport à l’utilisation qui en est faite, le paysage se complexifie et semble ensuite abandonné. La friche se développe. Le paysage se referme et semble en perpétuelle évolution. (Cf. chapitre sur les dynamiques paysagères).

La plaine du Noyantais

La plaine du Noyantais se distingue par un relief très plat, tout juste légèrement ondulé. Cette macro clairière de grandes cultures propose un paysage ouvert mais où la dynamique visuelle est faible. Si le champ visuel est dégagé, les relais visuels sont peu mis en scène et peu nombreux : quelques fermes, des arbres isolés (noyers et conifères). Le regard glisse sur les parcelles agricoles.


Les parcelles agricoles sont très larges et les exploitations sont développées. De nouvelles structures accompagnent les traditionnels corps de ferme : hangars métalliques principalement. Les fermes conservent leur structure regroupée et les nouveaux équipements s’intègrent relativement bien.
La forme urbaine de ces villages de plateau n’offre pas de silhouette caractéristique ou de particularités majeures. Le clocher domine l’habitat regroupé. Les lisières urbaines sont stratégiques car elles sont la première image du village. Du fait de la platitude, les villages par leur implantation, constituent un point d’appel dans le plateau, mais il n’y a pas de relation visuelle de village à village. Noyant est un bourg central dans cette unité, il se développe principalement le long de la RD 766 et n’offre que peu d’épaisseur.
La sous-unité possède quelques manoirs qui sont peu visibles et intégrés dans des bois denses (exemples de Bois Laufray, de l’abbaye de La Boissière, du château de Launay Baffert).

Les forêts du Vernantais

La sous-unité des forêts du Vernantais se caractérise par une inversion des proportions caractéristiques des plateaux du Baugeois avec une dominance de bois et forêts délimitant des clairières habitées et cultivées.

Cette sous-unité, densément boisée, présente un paysage fermé, caractérisé par des vues très courtes : Absence de perspective sauf au niveau des voies de communication, absence de points d’appel majeurs, nombreux relais visuels très proches les uns des autres. L’entrée et la sortie des bois et forêts constituent des évènements marquants : Effet de surprise, alternance et contraste entre fermetures et ouvertures, ombre et lumière. L’effet de surprise est encore plus marquant au niveau de la limite sud avec des percées visuelles sur le val d’Anjou. Les bois et forêts gomment visuellement les reliefs qui sont très perceptibles physiquement.


Le simple mot de clairière évoque tout l’impact paysager de ces ponctuations protégées par un écrin boisé, dégagées, animées par des vues relativement courtes. L’ouverture du paysage se fait brutalement. De taille variable, ces clairières, délimitées par un écrin boisé, sont généralement cultivées (cultures et vergers) et habitées : habitat dispersé dans les petites, villages dans les plus grandes. Chaque clairière possède la structure identitaire des plateaux du Baugeois. L’ouverture visuelle du paysage permet ainsi de percevoir les douces ondulations du plateau, soulignées par les lignes de cultures notamment les lignes de l’arboriculture fruitière, et ponctuées de quelques bois.
Quelques châteaux et manoirs constituent des évènements d’animation dans les bois et forêts (comme sur les communes de La Lande Chasles et Mouliherne).

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