Les sous-unités paysagères des bocages vendéens et maugeois


Les plateaux bocagers boisés de l’Èvre


Le réseau hydrographique très sinueux organisé autour de la vallée de l’Èvre anime fortement le relief. Site emblématique de ce relief mouvementé, le cirque de Courossé entaille le plateau dans un cercle quasi-parfait suivant un méandre de l’Èvre. Le site est marqué par de grandes relations visuelles et d’importantes relations de co-visibilités avec la vallée de l’Èvre. En formant une boucle resserrée, l’Èvre a creusé dans les schistes un cirque bordé de coteaux abrupts. Naturel et sauvage, le cirque de Courossé est emblématique des Mauges avec sa « grotte de Lourdes » en bas ; son de chemin de croix tout au long de l’allée qui mène au sommet, ses falaises couvertes de landes et ses vignes sur l’autre versant des coteaux. A noter : juste à côté, le château de la Baronnière, incendié en 1794, puis reconstruit en style « troubadour » par Hodé, fut la demeure de Bonchamps. C’est là que le 12 mars 1793, les paysans des environs vinrent le chercher pour lui demander de se mettre à leur tête. Ses réticences furent grandes à se lancer dans la « folle » entreprise. Il demanda une nuit de réflexion. Au matin, il finit par dire « oui » non sans avoir fait jurer d’abord à ceux qui étaient là « de ne jamais s’abandonner aux cruautés qui déshonorent les guerres civiles ». Sur les parties les plus planes du plateau les terres argileuses peu fertiles sont boisées (souvent de taillis de châtaigniers) et exploitées comme en témoignent de nombreux villages potiers dont certains encore en activité (Fuilet, Tillières). En pénétrant au cœur des landes et bois (ou en vue aérienne), la structure du paysage de ces secteurs se distingue également par les nombreux étangs et mares qui correspondent aux anciens secteurs d’extraction. On découvre aussi des fronts de carrières dévoilant une large palette d’ocres. L’urbanisation diffère elle aussi. Les constructions s’appuient sur la même palette de matériaux que celle de l’unité mais avec une part plus grande réservée aux briques surtout en ornementation des façades. Les gros hameaux ont remplacé les fermes isolées, les structures urbaines sont distendues et totalement liées à l’activité des potiers. De nouveaux éléments architecturaux, notamment les fours animent les villages et hameaux, et soulignent l’impact de cette activité. Les poteries et briqueteries ont aujourd’hui fortement régressé après la seconde guerre mondiale du fait du remplacement de la brique par le béton et l’acier. Ce savoir-faire ancestral subsiste toujours sur le territoire, notamment sur la commune du Fuilet et de Tillières. Ces plateaux au bocage plus dense, plus refermé par de nombreux bois et animés de vallées aux coteaux abrupts boisés se distinguent donc par la diversité des ambiances paysagères et la richesse des milieux naturels associés. En s’appuyant sur la D752, les pôles de Beaupréau et de Saint-Pierre / Montrevault présentent un développement économique et urbain pavillonnaire plus important en limite est de la sous unité.

Le bocage entre la Sèvre Nantaise et la Moine


Véritable seuil géographique entre le bocage maugeois et le bocage vendéen, cette sous-unité est marquée par les deux vallées parallèles suivant la direction armoricaine nord-ouest/sud-est. Elles sont particulièrement encaissées et caractérisées par des éléments de chaos granitique ("chirons") et un patrimoine de moulins à eau en fond de vallée, de moulins à vent en haut de coteaux et de mégalithes. L’architecture présente une influence architecturale italianisante clissonnaise remontant la vallée de la Sèvre Nantaise. La présence de forteresses défensives qui limitent la sous-unité sur ces vallées (Clisson-Tiffauges) témoigne de l’enjeu stratégique du contrôle de ce seuil entre Poitou, Bretagne et Anjou. L’ensemble des bourgs s’articule en limite de plateau sur les petits affluents des vallées de la Moine et de la Sèvre nantaise. La présence de la 2x2 voies Cholet/Nantes sur le plateau en parallèle de la vallée de la Moine a induit un fort développement urbain et d’activités sur les principaux échangeurs et les bourgs les plus proches.
Ces nouvelles franges urbaines sont d’autant plus lisibles que le plateau bocager est relativement ouvert par les remembrements successifs. Cette maille lâche de haies, ondulée ouvre de larges panoramas ponctués par les clochers qui se répondent d’une vallée à l’autre. On note par ailleurs la présence d’un parc éolien.

L’agglomération choletaise


Véritable articulation urbaine majeure de l’unité, l’agglomération choletaise se développe sur la vallée de la Moine, remontant sur les coteaux, enjambant la rivière et surmontant un escarpement granitique. La ville s’offre depuis les points hauts alentours, dégageant à la fois l’image d’une cité industrielle et moderne, d’une ville calme et d’un important centre agricole (un des 10 premiers marchés aux bestiaux de France). Elle présente une grande homogénéité architecturale et urbaine liée au caractère récent de la reconstruction. Seule la couronne extérieure diffère par les grands ensembles de logements (quartier Bonnevay au sud par exemple) et les zones industrielles et d’activités (au nord, à l’ouest et à l’est, au-delà de la ligne de chemin de fer).
Dominé par le Sacré-Coeur au sein du quartier ouvrier nord, le tissu urbain offre quelques particularités comme le quartier des Tisserands, l’ensemble des immeubles XIXe place de la république. Anciennement vouée aux tanneries qui la polluaient, la vallée de la Moine est aujourd’hui requalifiée et joue le rôle structurant d’une coulée verte urbaine reliant la majeure partie deséquipements publics : parc expo, complexe sportif, quartier universitaire, salle des fêtes, musées, halles…8]

Marquée par un important patrimoine industriel dont elle garde l’image et le dynamisme, la ville est ceinturée par de vastes zones d’activités et commerciales repoussant la pression urbaine pavillonnaire sur les bourgs de première couronne. La pression urbaine est la plus forte à l’appui des axes routiers A87 Angers/ la Roche-sur-Yon et la N249 vers Nantes et Bressuire.

Le bocage dense de la forêt de Vezins


Cette sous-unité paysagère est marquée par le barreau forestier de Nuaillé et Vezins, jouant le rôle de barrière physique et visuelle avec de grands étangs ouvrant de larges clairières. Elle se caractérise par la présence de belles lignes bocagères, hautes et denses, soulignant les courbes et ondulations, dessinant de petites parcelles, bordant aussi les routes et chemins. Le paysage se referme, les vues sont courtes et bloquées par les différents écrans végétaux. Les fermes sont découvertes au dernier moment intégrées au cœur d’une épaisse végétation : c’est la perception d’un « vrai bocage » traditionnel tel que le décrivait Julien Gracq. L’échelle du paysage de par la fermeture devient plus intime, l’ambiance générale est dominée par la couverture végétale. Le relief marqué par la direction armoricaine imprimée par les contreforts de la colline des Gardes et les vallées parallèles. C’est notamment le cas de l’amont du val de Moine ennoyé par les retenues d’eau du Verdon et de Ribou, qui constituent des zones de loisirs majeures de l’agglomération choletaise. On notera également la présence singulière sur la vallée du jardin Oriental de Maulévrier. Sur les franges de la forêt de Vezins, des villages potiers sont présents avec leur paysage caractéristique d’étangs et leur architecture singulière, comme ceux décrits dans la sous-unité des plateaux bocagers de l’Èvre.

Le bas bocage vendéen


Sur cette sous-unité, le maillage des haies est beaucoup plus lâche s’ouvrant sur de larges plateaux cultivés, évoquant parfois les ambiances de plaine céréalière du sud Vendée (si ce n’est l’habitat diffus et le maillage des chemins plus caractéristiques d’une structure paysagère de bocage). Les vues panoramiques s’ouvrent et révèlent souvent de manière frontale le bâti pavillonnaire des bourgs ou les bâtiments d’élevage. Au-delà, les reliefs des collines vendéennes se dessinent nettement sur l’horizon. De nombreux boisements comme les bois de Défend - Grosbois - Aizenay - Soubise et la forêt de Gralas referment ponctuellement les perspectives sur ce paysage. De même la forêt domaniale du bocage vendéen, et la forêt du Creux Jaune marquent le paysage au sud du territoire, annonçant la proximité de la forêt de la Chaize-le-Vicomte. Les secteurs de Chauché et Aizenay sont ponctués de boisements et marqués par une activité de briquèteries et poteries, aux caractéristiques similaires à celles décrites dans la sous unité des plateaux bocagers de l’Èvre.
Sur les coteaux, les haies, qui jouent un rôle antiérosif important à la rupture de pente, se font plus présentes et tendent à se mêler aux ripisylves qui habillent les petites pâtures de fonds de vallée. Ces vallées bocagères plus fermées, comme la Vie ou la Maine, l’Ognon et la Boulogne incisent le relief dans une direction armoricaine sur lesquelles s’articulent les principaux pôles urbains historiques. Elles sont ponctuées d’un riche patrimoine de moulins (à eau ou à vent) et de ponts de pierre.
L’influence des grandes infrastructures (A87, A83, D763, D948) est très forte et se fait sentir sur le développement des bourgs (for développement pavillonnaire ceinturant les bourgs et expansion des zones d’activités sur les bourgs et sur les échangeurs principaux). A l’ouest, la transition avec le bocage rétro-littoral s’amorce avec le changement de l’orientation des reliefs (vallées est/ouest comme la Vie). A l’est, c’est véritablement la charnière urbaine des Herbiers qui marque la transition entre les paysages du haut et du bas bocage vendéen.

Partager la page

S'abonner