Les sous-unités paysagères de la Loire estuarienne


L’estuaire de la Loire s’ouvre peu à peu vers l’océan. Entre Bouguenais et le Pellerin, le goulet d’étranglement de l’estuaire détermine un resserrement des perspectives visuelles sur les coteaux ; entre le Pellerin et Paimboeuf, le fond de vallée prend son amplitude plurikilométrique entre les coteaux nord et sud. Le paysage prend une ampleur particulière sur ces prairies inondables. Le paysage s’amplifie brusquement au niveau de la pointe de Paimboeuf. Les perspectives visuelles s’ouvrent sur l’océan et sur une partie plus monumentale de l’estuaire.

Cette unité paysagère présente donc 3 sous-unités paysagères :

  • La Loire de Bouguenais au Pellerin
  • La Loire du Pellerin à Paimboeuf
  • L’embouchure de la Loire

La Loire de Bouguenais au Pellerin

Enchâssé dans des coteaux plus rapprochés que dans le reste de l’unité, ce secteur présente par ailleurs une urbanisation beaucoup plus forte des hautes terrasses et des coteaux, liée notamment à la proximité de l’agglomération nantaise.


Le tissu industriel ancien sur ces berges ligériennes anime encore le paysage de l’axe du fleuve par ses grands bâtiments qui s’égrainent sur les anciennes îles ou à l’appui des berges isolant ainsi les marais de pieds de coteau. Ces éléments monumentaux, comme les cheminées ou l’ancienne tour à plomb, constituent des éléments de repère fort pour les paysages ligériens, au même titre que les clochers qui se répondent visuellement d’une berge à l’autre. Sur les prairies inondables, les troupeaux sont beaucoup moins nombreux à paître et le saule gagne souvent du terrain le long des berges.
Les bourgs souvent étagés sur le coteau présentent une façade de quais qui revit aujourd’hui avec le ballet des traversées du bac. Les bourgs insulaires comme Basse et Haute Indre s’étagent quant à eux sur leur promontoire rocheux, tout en respectant les contours amandiformes caractéristiques des îles ligériennes.

Les châteaux et leur parc sur les coteaux sud de la Loire ouvrent leur parc sur la vallée et profitent des perspectives sur le revers de plateau. Le renforcement des infrastructures (suite à la réalisation du Pont de Cheviré) et le développement urbain important qui en résulte se traduit aujourd’hui par un séquençage du paysage rendu moins lisible par l’étalement pavillonnaire.

La Loire du Pellerin à Paimboeuf

Ce paysage se distingue par les deux vastes ensembles prairiaux inondables qui marque le large fond de vallée tant sur la rive droite que sur la rive gauche de la Loire.


Au cœur de ce système, la centrale thermique de Cordemais constitue un point de repère monumental sur une ancienne île de Loire à côté de l’ancien port de Cordemais. Ce repère industriel semble flotter sur l’immense étendue de prairies quadrillées de fossés où paissent les troupeaux de vaches blondes. Les fermes sont construites sur les espaces exondés au cœur d’îlots bocagers qui abritent le bétail en période de hautes eaux. Malgré la proximité de l’agglomération nantaise et des axes routiers sur le plateau, ce qui surprend dans ces paysages, c’est le calme qui y règne par son caractère inaccessible. Cette horizontalité paisible est encore plus révélée en période d’inondation.
Au sud, le canal de navigation de Basse-Loire compose un paysage à part entière avec son tracé rectiligne, son gabarit régulier et son savant jeu d’écluses. Il traverse un espace palustre singulier autrefois structuré par les moines de l‘abbaye de Buzay. Les ruines de son clocher dominent encore le paysage. Si l’amplitude des marais repousse l’urbanisation sur les pieds de coteau ou sur les îlots non inondables, cette dernière montre également les signes en périphérie des bourgs d’un étalement pavillonnaire. A l’approche de l’embouchure de la Loire, les coteaux se rapprochent légèrement et le jeu d’alternance entre marais et bocage exondé devient plus complexe. Le paysage est beaucoup fermé en raison de cette trame bocagère plus dense et des jeux de la topographie. Si cette composition du paysage est très lisible en période d’inondation elle l’est de façon beaucoup plus subtile par des variations de végétation en période d’étiage. Le réseau de canaux et de fossés converge progressivement vers l’espace fluvial qui se dilate progressivement à l’approche de Paimboeuf.
Ancien port contrôlant l’entrée de l’estuaire, le bourg de Paimboeuf développe une longue façade de quais sur la Loire et compose une forme urbaine dense sur une île en forme d’amande offrant une façade sud sur les marais. Les bourgs de Cordemais et de Lavau sur Loire présentent également cette configuration quasi insulaire dans une zone de marais avec des anciens ports déportés sur la Loire (aujourd’hui disparus pour certains). Les cheminées de Cordemais prolongées par la procession des lignes haute tension, ainsi que les torchères de la raffinerie de Donges constituent des repères industriels majeurs qui signalent les limites de cette sous-unité paysagère entre les coteaux. Ces derniers sont aujourd’hui occupés par une forte diffusion urbaine pavillonnaire qui vient ponctuer les hauteurs au-dessus des pentes boisée ou des lambeaux de landes.

L’embouchure de la Loire


Cette sous-unité termine le long cordon des paysages ligériens dans un jeu d’échelles monumentales : par la largeur du fleuve à son embouchure, par les gigantesques infrastructures portuaires et par l’ampleur du pont de Saint-Nazaire qui marque physiquement une porte entre la Loire et l’océan Atlantique. L’embouchure de la Loire révèle un contraste saisissant entre la rive sud patrimoniale et le port en rive Nord. Cette évolution radicale du paysage traduit la mutabilité rapide d’un territoire qui peut profondément se transformer en moins d’un siècle.

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