Les enjeux du marais breton vendéen


Les enjeux développés sont des pistes de réflexion et d’action pour les acteurs locaux qui font écho aux enjeux révélés à l’échelle régionale. Ils se traduisent de manière synthétique dans le bloc-diagramme ci-dessus.

Les dynamiques paysagères de l’unité révèlent l’importance de la persistance du marais et des pratiques agricoles ou marines qui le structurent, et qui construisent un paysage patrimonial ouvert. Ainsi autour du marais s’ouvre une covisibilité entre les anciens et nouveaux rivages. La pression touristique et urbaine importante dans les sous unités Marais de Monts et Challandais se reporte sur les franges du marais et transforme et dégrade fortement ce paysage remarquable.

Maintenir l’équilibre entre pratiques agricoles et dynamiques naturelles pour préserver les paysages remarquables des marais

  • Maîtriser les développements urbains afin de préserver les activités d’élevage situées aux abords directs des bourgs
  • Préserver les continuités hydrauliques et paysagères (notamment la lisibilité du gradient marais doux/marais salé) et assurer les continuités d’accès entre marais, îles, littoral et coteaux
  • Anticiper les délaissés agricoles et veiller à la continuité des cheminements entre ville et campagne : enjeu stratégique des terrains entre frange urbaine et marais qui deviennent inexploitables par leur taille et inconstructibles (ou chers à construire) du fait du haut niveau de la nappe
  • Encourager la préservation et la requalification des anciens bâtis agricoles
  • Retisser des liens entre ruraux et citadins et touristes par le biais des réseaux courts de distribution et de la diversification agricole (services, visites, cueillette…) : enjeu de perception sociale du rôle des agriculteurs dans la gestion des paysages du marais

Maîtriser la pression urbaine rétro-littorale et les franges urbaines particulièrement exposées dans le marais

Dans le secteur des marais vendéens, deux critères principaux sont à relever pour faire émerger les enjeux paysagers : d’une part un contexte paysager sensible de par son horizontalité et la riche diversité des patrimoines qui l’habitent, d’autre part, un positionnement rétro-littoral qui l’expose à des pressions urbaines fortes. Ce contexte général recouvre cependant des situations bien particulières aux enjeux différentiés :

  • Sur la frange sud-est de l’unité paysagère, au contact des stations touristiques majeures : Maîtriser l’évolution des paysages rétro-littoraux notamment dans les zones de transition entre paysages de marais et entrées de ville des principales stations balnéaires (Saint-Jean-de-Monts, Saint-Hilaire-de-Riez)
  • Au cœur des marais, et notamment le secteur de Bouin : Maîtriser le développement urbain, en maintenant des franges urbaines claires entre la ville et les espaces ruraux et en s’appuyant notamment sur le maintien des activités traditionnelles (élevage, saliculture) à proximité des bourgs
  • Sur les coteaux au nord et à l’est ainsi que sur les anciennes îles (notamment dans les marais challandais) : Contenir les développements urbains au niveau des espaces agglomérés afin de limiter les effets de continuum urbains

Plus généralement, les enjeux paysagers en lien avec les espaces urbains sont :

  • Maîtriser les extensions urbaines afin de garantir une gestion économe de l’espace et accompagner l’intégration paysagère des constructions nouvelles :
    - par une recherche de formes et de colorimétrie adaptées au contexte
    - par la sollicitation d’une végétation adaptée à des objectifs de transition qualitative entre espace bâti et agrinaturel
  • Accompagner la mutation des quartiers en valorisant l’identité paysagère des villages à travers des espaces publics qualitatifs et fonctionnels
  • Valoriser la présence de l’eau au cœur et à proximité des villages par des cheminements et des espaces publics associés
  • Préserver le patrimoine végétal des espaces urbanisés (jardins, parcs, arbres d’alignement, potagers, berges…) comme élément structurant d’un projet d’urbanisme végétal cohérent


Assurer la qualité des franges du marais par la persistance et la diversité des activités agricoles ou marines

Le marais breton vendéen est le support d’une activité agricole originale qui tourne autour du poly-élevage et du maraîchage principalement, tandis que dans la partie nord-ouest se sont développés des activités de céréaliculture. Si les secteurs ruraux des marais sont globalement préservés d’un point de vue paysager, plusieurs enjeux sont à souligner :

- Dans les secteurs rétro-littoraux, sur les coteaux, ainsi que sur les anciennes îles :

  • Préserver le foncier et l’activité agricole pour préserver des coupures d’urbanisation
  • Soigner l’occupation des coteaux : préserver le petit parcellaire et le réseau de chemin à l’appui des pentes, assurer le dégagement des points de vue, valoriser la perception du patrimoine
  • Accompagner le changement d’échelle croissant des parcelles maraîchères et des infrastructures de productions et préserver les éléments de structure paysagère que l’expansion du maraîchage peut perturber ou supplanter en frange de marais
  • Assurer le maintien de la qualité de perception des activités marines (ports, ostréiculture, aquaculture, pêche) en frange littorale du marais
  • Limiter la fermeture des îles et franges de marais par boisement ou urbanisation
  • Maintenir les possibilités de pâtures d’hivernage sur les franges de marais pour limiter les risques de mutation de ces paysages

- Au cœur des marais :

  • Maîtriser les développements urbains afin de préserver les activités d’élevage situées aux abords directs des bourgs
  • Préserver les continuités hydrauliques et paysagères et notamment la lisibilité du gradient marais doux/marais salé
  • Maîtriser l’impact paysager de l’implantation des bâtis à vocation agricole : Le paysage ouvert des polders laisse tout apparaître ; les frênes, les saules et les tamaris peuvent atténuer l’impact du bâti agricole dans le polder asséché
  • Encourager la préservation et la requalification des anciens bâtis agricoles

  • Retisser des liens entre ruraux et citadins et touristes par le biais des réseaux courts de distribution et de la diversification agricole (service, visites, cueillette…) : un enjeu majeur de perception sociale du rôle des agriculteurs dans la gestion des paysages du marais

Accompagner les projets d’infrastructures et d’activités économiques


Les pressions rétro-littorales qui s’expriment notamment au travers du développement des zones d’activités à l’arrière des stations balnéaires principales créent un enjeu fort en matière d’intégration paysagère. Dans ce contexte, il s’agira de prendre en compte l’horizontalité du paysage et d’assurer une transition qualitative avec les paysages de marais.
  • Travailler sur un traitement qualitatif des entrées de ville afin d’améliorer la transition entre espace rural et espace urbain
  • Favoriser un urbanisme de rues, boulevards ou avenues en composant les façades sur les entrées d’agglomération
  • Concevoir les zones d’activités comme des opérations d’urbanisme qui composent avec les quartiers et le paysage environnant en optimisant l’espace et en assurant la cohérence à l’échelle des intercommunalités et des SCoT

Dans les secteurs de marais où les enjeux en termes d’exposition sont accentués, il conviendra de :

  • Porter une attention particulière à l’affichage publicitaire en limitant son implantation sur les bâtis patrimoniaux et son inscription en général aux abords des voies principales, des entrées de ville et dans le marais
  • Masquer ou accompagner les zones de stockage et les aires de manœuvre et de stationnement
  • Travailler l’insertion dans le paysage des bâtiments les plus isolés (implantation, topographie, architecture, clôture, plantations)

Dans le cadre du paysage très ouvert du marais breton vendéen, le développement des infrastructures de transports a un impact direct. Afin de limiter celui-ci, il conviendra de :
  • Maîtriser les aménagements accompagnant le maillage rural et minimiser les obstacles visuels afin d’assurer la qualité des itinéraires paysagers
  • Pour les voies structurantes, un accompagnement qualitatif notamment pour l’aménagement des pistes cyclables, est à rechercher. Les aménagements des entrées d’agglomération devront assurer la lisibilité de la transition entre espace urbain et espace rural

Accompagner l’accueil touristique et la découverte des marais bretons vendéens

Face au développement de la fréquentation touristique et en considérant la sensibilité environnementale et paysagère des marais bretons vendéens, l’enjeu est de structurer les moyens de leur exploration et de leur découverte à partir d’aménagements et d’activités maîtrisés.

  • Accueillir dans le respect des sites et de la qualité des paysages : assurer une découverte des marais compatible avec les activités qui participent à sa gestion
  • Maintenir les efforts en matière de développement des circuits pédestres et cyclables intégrés de manière qualitative permettant un maillage efficace des lieux emblématiques du marais

  • S’appuyer sur l’ouverture des paysages pour ponctuer les infrastructures de déplacements d’éléments de mise en scène et de découverte des paysages
  • Porter une attention particulière à l’intégration paysagère des lieux d’accueil touristiques ainsi qu’à l’aménagement des structures d’accompagnement (aires de stationnement, belvédères, bancs…)
  • Développer et homogénéiser les outils signalétiques en lien avec l’exploration de la faune et de la flore et avec la promotion des activités (notamment artisanales) traditionnelles bien intégrés dans un contexte paysager sensible

Partager la page

S'abonner