Les enjeux des vallées des marches de Bretagne


Les enjeux développés sont des pistes de réflexion et d’action pour les acteurs locaux qui font écho aux enjeux révélés à l’échelle régionale. Ils se traduisent de manière synthétique dans le bloc-diagramme ci-dessus.

Préserver la qualité des paysages des vallées

L’unité paysagère des vallées des Marches de Bretagne se caractérise par un paysage diversifié entre plateau et vallées dont la succession constitue une invitation régulière à la découverte des paysages. Le maintien de l’accessibilité et la préservation du patrimoine des vallées constituent un enjeu prégnant de l’unité. Par ailleurs, pérenniser les activités traditionnelles, notamment d’élevage, est une des actions à privilégier en vue de la sauvegarde des ambiances paysagères qualitatives.
La vallée du Don présente, au-delà de son indéniable rôle de corridor écologique majeur, un enjeu en termes de continuité paysagère et de valorisation de ses ambiances. Le Val d’Isac est un tronçon du canal de Nantes à Brest qui constitue un atout fragile du patrimoine.

  • Améliorer la lisibilité du réseau hydrographique dans les paysages en valorisant la trame végétale spécifique associée (marais, prairies inondables), les vallons affluents et leurs étangs, le patrimoine lié à l’eau (quais, écluses, moulins, petit patrimoine de lavoirs, …). Le potentiel paysager des microvallons donnant sur les marais de Redon devra être préservé et valorisé. Il s’agit d’un paysage d’interface intéressant entre les marais et la matrice agricole de l’unité
  • Limiter la fermeture des fonds de vallée pour maintenir les perspectives et favoriser les belvédères : maîtriser notamment le développement de peupleraies
  • Maintenir les possibilités de pâtures d’hivernage sur les coteaux de vallées pour limiter les risques de mutation des fonds de vallée
  • Soigner l’occupation des coteaux : préserver le petit parcellaire et le réseau de chemin à l’appui des pentes, assurer le dégagement des points de vue. Les coteaux surplombant le canal de Nantes à Brest à l’Ouest
  • Maîtriser le développement des sites d’hébergement touristiques et des bases de loisirs et des équipements liés à la navigabilité du canal de Nantes à Brest


Préserver la diversité des paysages agricoles en prenant en compte l’évolution des activités

Comme détaillé dans les caractéristiques et les dynamiques de l’unité, l’identité des paysages du secteur s’appuie sur une diversité des pratiques agricoles. Le développement des grandes cultures induit une évolution du parcellaire et des motifs paysagers associés, et créent de nouveaux enjeux paysagers.

  • Recomposer le bocage à une échelle compatible avec l’activité agricole et l’occupation du sol (habitat, activités)
  • Accompagner le développement des cultures induisant l’ouverture et la simplification des paysages
  • Assurer la pérennité des boisements, des arbres d’alignement et des arbres isolés qui ponctuent ce paysage
  • Veiller à la qualité architecturale du bâti agricole qui constitue des repères paysagers ; Intégrer les bâtiments d’exploitation dans les lignes paysagères (trame bocagère, courbes de niveau, lignes de crête ou de rupture entre plateau et vallée)
  • Préserver la lisibilité du bâti traditionnel, du petit patrimoine rural (fours à pain, lavoirs, calvaires…) et des structures végétales associées (bocage à ragosses, vergers…)
  • Contrer la perte de lisibilité des formes traditionnelles en limitant la dénaturation des ambiances rurales (diversité des extensions bâties agricoles souvent exposées en ligne de crête ou en milieu de coteau)

Maîtriser les développements urbains des bourgs notamment ceux proches des grands axes

Les nouveaux lotissements résidentiels sont très consommateurs en espace, et participent fortement au mitage de territoire et à l’étalement urbain.
Ce mode d’urbanisation se greffe sur les structures urbaines traditionnelles sans tenir compte de leurs spécificités. L’habitat diffus monofonctionnel est aussi générateur de déplacements et de nouvelles voiries, augmentant la place de l’automobile.

  • Définir les limites paysagères cohérentes pour contenir l’urbanisation future des principaux pôles urbains. Privilégier l’occupation des dents creuses et le renouvellement urbain de qualité
  • Optimiser le linéaire de voirie en se greffant davantage sur la trame existante, favoriser la mixité des fonctions, traiter les lisières
  • Mobiliser au sein des projets urbains ou d’extensions les éléments des structures traditionnelles de l’architecture (topographie, matériaux, couleurs, modénature), des trames viaires, urbaines et paysagères valorisant des espaces publics de qualité
  • Engager des réflexions pour retrouver la cohérence sur les secteurs de diffusion pavillonnaire dans les paysages ruraux
  • Parvenir à une meilleure structuration des développements à venir sur les zones rurales ayant subi une forte pression urbaine linéaire (soit pour retrouver un paysage agricole cohérent, soit pour développer un vrai tissu urbain identitaire) : Certains secteurs ruraux présentent déjà des signes visibles d’évolution, d’autres apparaissent comme des territoires de projets, notamment susceptibles de subir une mutation du paysage. L’enjeu est sur ces espaces de mener des réflexions pour une structuration sur le long terme qui permettent d’éviter la banalisation des paysages

Accompagner le développement des zones d’activités et des infrastructures

L’enjeu est de contenir le développement des zones d’activités en entrée de ville, et de travailler davantage l’intégration paysagère et urbaine des futurs parcs d’activité
Le développement du tourisme sur la vallée du Don, le canal de Nantes à Brest, et la forêt du Gâvre constitue un autre enjeu économique intéressant.

  • Assurer l’insertion des nouvelles infrastructures dans le paysage en préservant la continuité paysagère des vallons, l’ouverture sur les plateaux cultivés, l’insertion dans le relief et la trame bocagère
  • Accompagner la création ou le développement des zones d’activités : éviter les implantations en point haut - concilier l’effet de vitrine et le maintien de la qualité de l’entrée de ville - gérer les espaces de recul entre les voies et les bâtiments
  • Favoriser l’intégration paysagère et le traitement qualitatif des équipements de loisirs
  • Prendre en compte les lignes haute-tension et les parcs éoliens existants dans les réflexions pour de nouveaux projets liés aux infrastructures énergétiques

Concernant les infrastructures de déplacements, il s’agit de juguler la pression urbaine aux abords de la RN 137 et de la RN 171.

  • Limiter les effets « tunnel vert » aux abords des voies rapides et accompagner la pression urbaine induite par ces voies
  • Prendre en compte la multiplication des réseaux de desserte et l’imperméabilisation des sols

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