Les enjeux des plaines d’Alençon et du saosnois


Les enjeux développés sont des pistes de réflexion et d’action pour les acteurs locaux qui font écho aux enjeux révélés à l’échelle régionale. Ils se traduisent de manière synthétique dans le bloc-diagramme ci-dessus.

Éviter la simplification des paysages de grandes cultures et préserver la diversité des paysages agricoles

Les dynamiques paysagères ont montré une simplification globale des paysages de grande culture. Au-delà du caractère identitaire et qualitatif des paysages, ces dynamiques modifient également sensiblement la perception des espaces bâtis et notamment des constructions agricoles. Maintenir et redévelopper des motifs paysagers est essentiel pour maitriser cette dynamique ou en atténuer l’impact visuel.

  • Accompagner les mutations des modes de culture pour assurer les continuités hydrauliques et leurs structures végétales associées et pour maintenir le maillage des chemins ruraux pour garantir l’accessibilité à tous les espaces
  • Préserver les spécificités paysagères des vallées sèches ou humides et leur végétation associée
  • Veiller à la qualité architecturale du bâti agricole monumental qui constitue des repères paysagers :
    Pour les bâtiments tels que les hangars qui restent dans le registre de l’architecture agricole rurale, on doit réfléchir à leur inscription discrète dans le territoire, par des implantations judicieuses dans le relief, des volumétries proches de celles existantes et des choix harmonieux dans les couleurs ou matières pour mieux se fondre dans le site. Les couleurs sombres sont moins visibles. Dans certains cas, notamment pour les silos qui sont des installations industrielles hors d’échelle dans le paysage et dont volumétrie monumentale marque fortement le territoire, il est vain de vouloir en limiter l’impact et de tenter de se rapprocher des valeurs classiques de l’architecture rurale. Par une implantation judicieuse et radicale, ces ouvrages sont ainsi magnifiés dans le paysage, par la simplicité de leur forme verticale et de leur masse texturée ou colorée. Ils sont les nouveaux repères, le reflet de l’activité agricole contemporaine
  • Préserver le bocage dans les vallées en composant une trame de haies avec une échelle compatible avec l’activité agricole et l’occupation du sol (habitat, activités). Veiller cependant à limiter le phénomène de fermeture des vallées
    (exemple de Marolles-les-Braults)
  • Assurer la pérennité des bosquets, des arbres d’alignement et des arbres isolés qui ponctuent et animent ce paysage ouvert


Accompagner le développement des activités et des infrastructures en favorisant leur inscription harmonieuse dans ce paysage ouvert

Les dynamiques d’ouverture des paysages renforcent la visibilité des infrastructures et surtout des bâtiments d’activités. Ce phénomène est par ailleurs plus marqué aux abords de la RD 338 et à l’approche d’Alençon où le développement des activités est plus marqué. Pour rechercher à limiter l’impact paysager et assurer la meilleure intégration au contexte environnant, il convient de :

  • Choisir le bon emplacement : éviter les implantations en point haut - concilier l’effet de vitrine et le maintien de la qualité de l’entrée de ville - gérer les espaces de recul entre les voies et les bâtiments
  • Assurer la cohérence et la qualité architecturale des bâtiments d’activités
  • Travailler l’insertion dans le paysage des bâtiments les plus isolés (implantation, topographie, architecture, clôture, plantations)
  • Temporiser l’aménagement des zones d’activités en relation avec la demande réelle d’implantation afin de limiter l’effet de « paysage en attente ». Aux abords de l’A28, des zones « fantômes » sont désormais présentes dans le paysage
  • Concevoir les zones d’activités comme des opérations d’urbanisme qui compose avec les bourgs et le paysage environnant. Éviter les développements en diffus tel qu’analysé dans le secteur de Marolles-les-Braults
  • Accompagner la création ou le traitement des infrastructures viaires en cohérence avec la structure paysagère, valoriser les premiers plans pour qualifier les perspectives sur le paysage et préserver le patrimoine végétal associé aux voies. L’aménagement de l’A28 a contribué à modifier le paysage (délaissés, remblais) et illustre l’enjeu de l’intégration des infrastructures
  • Envisager les infrastructures de déplacement et les voies douces comme des éléments de mise en scène et de découverte des paysages. La requalification d’anciennes voies ferrées en voie verte offrent un exemple de réponse à cet enjeu
  • Accompagner la mise en place des infrastructures liées aux nouvelles énergies (éolien - solaire) : A l’instar des nouveaux champs éolien installé sur les communes de Juillé, de Piacé et de Vivoin, l’unité connaît un développement des nouvelles infrastructures

Maîtriser les extensions et la lisibilité des franges urbaines en relation avec la dimension patrimoniale des bourgs

Les dynamiques urbaines constatées sur l’unité sont modérées, mais si l’enjeu du développement urbain n’est pas quantitatif, il demeure qualitatif, de manière à ce que les extensions villageoises participent à valoriser le patrimoine local. Les enjeux en lien avec les phénomènes de diffusion de l’habitat pavillonnaire sont par ailleurs plus importants dans les secteurs sous influence mancelle et alençonnaise.

  • Limiter l’urbanisation diffuse et assurer la cohérence du développement urbain au relief, aux besoins de l’agriculture et aux structures urbaines des cœurs historiques. Les secteurs sous influences mancelle et alençonnaise connaissent des pressions urbaines plus importantes et sont donc particulièrement concernés par cet enjeu
  • Valoriser les éléments identifiants des bourgs (ruisseaux, plans d’eau, jardins, boisements, belvédères, place, espaces publics, patrimoine, alignements, mails)
  • Assurer la continuité des espaces naturels (vallons, boisements…) et paysagers comme des liens entre bourgs, forêts et campagne. La mobilisation des haies végétalisées comme à Marolles-les-Braults favorisent par ailleurs la transition paysagère entre ville et campagne
  • Promouvoir un traitement qualitatif des franges : limites de l’urbanisation en interrogeant leur perception depuis l’espace rural et les entrées de bourgs. A l’instar de Champfleur, la limitation de l’urbanisation et la préservation de la lisibilité des franges permettent de maintenir un panorama qualitatif sur le bourg ancien
  • Maîtriser la perception des franges urbaines et des îlots industriels par la qualité de composition paysagère en s’appuyant sur les trames végétales existantes notamment dans les vallées et aux abords des bourgs en régénérant les haies, préservant les grands sujets et le petit parcellaire
  • Préserver et assurer la lisibilité dans le paysage des éléments de patrimoine




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