Les enjeux des marais de Brière


Les enjeux développés sont des pistes de réflexion et d’action pour les acteurs locaux qui retraduisent les enjeux révélés à l’échelle régionale. Ils se traduisent de manière synthétique dans le bloc-diagramme ci-dessus.

Préserver les paysages remarquables des marais en maintenant l’équilibre des pratiques agricoles et maitrisant les usages autour des marais

Il s’agit pour les espaces de bocage en bordure de marais de respecter l’équilibre stratégique entre terres hautes et terres basses. En été, les bêtes pâturent sur les terres basses, tandis qu’en hiver elles trouvent refuge dans le bocage des terres hautes qui peuvent se trouver à une certaine distance, voir dans d’autres unités paysagères. L’enjeu est d’éviter la rupture de ce lien par l’urbanisation ou l’usage récréatif des espaces.

  • Maîtriser les pressions urbaines ou naturelles afin d’assurer la permanence des liaisons terres hautes / terres basses
  • Éviter les discontinuités des espaces agricoles dues au mitage urbain ou à l’usage récréatif des lieux
  • Anticiper les délaissés agricoles et veiller à la continuité des cheminements entre ville et campagne : enjeu stratégique des terrains entre frange urbaine et marais qui deviennent inexploitables par leur taille et inconstructibles (ou chers à construire) du fait du haut niveau de la nappe
  • Encourager la préservation et la requalification des anciens bâtis agricoles
  • Retisser des liens entre ruraux et citadins et touristes par le biais des réseaux courts de distribution et de la diversification agricole (services, visites, cueillette…) : enjeu de perception sociale du rôle des agriculteurs dans la gestion des paysages du marais
  • Accompagner la mise en place des infrastructures liées aux énergies renouvelables en tenant compte des grandes covisibilités dans et autour du marais

Accompagner l’accueil touristique et la découverte des marais de Brière

Les marais de Brière définissent des espaces à l’échelle monumentale qui gagnent à être mis en scène, notamment dans leurs covisibilités. La maison et le travail du Parc naturel régional de Brière, sur l’île de Fédrun, est un atout privilégié pour la découverte de ces paysages. Les espaces de l’unité définissent un rapport complexe entre terre et eau : cette proximité de l’eau doit globalement être valorisée à travers le paysage. L’implantation du bâti sur les îles soulève un triple enjeu croisé : préserver les caractéristiques séculaires (notamment le système de gagneries), mettre en scène des covisibilités depuis le marais vers les îles habitées, et permettre aux habitants des vues sur le lointain depuis leur logement. Il y a donc ici nécessité de mener un travail fin de composition urbaine et paysagère.

  • Valoriser les rapports de covisibilité, notamment dans le secteur de la Grande Brière, afin de mettre en scène le paysage
  • Valoriser les co-visibilités depuis le marais vers la rive estuarienne et ses signaux industrialo-portuaires, notamment les Forges de Trignac et les portiques des chantiers navals (rapports historiques entre la Brière et la zone portuaire de Saint-Nazaire)
  • Maintenir des ouvertures sur les franges des marais. Le maintien d’ouvertures sur les franges de marais permettra de conserver un point de vue dominant sur les marais depuis le sillon de Bretagne
  • Accueillir dans le respect des sites et de la qualité des paysages : assurer une découverte des marais compatible avec les activités qui participent à sa gestion
  • Assurer l’accessibilité aux paysages emblématiques et favoriser les cheminements et continuités paysagères entre les espaces (développement des circuits pédestres et cyclables intégrés)
  • Porter une attention particulière à l’intégration paysagère des lieux d’accueil touristique ainsi qu’à l’aménagement des structures d’accompagnement (aires de stationnement, belvédères, bancs, hébergement…)
  • Maîtriser l’évolution des paysages rétro-littoraux face au report de pression touristique et urbaine en maintenant les continuités paysagères et en préservant les coteaux de l’urbanisation
  • Limiter et homogénéiser la signalétique et organiser l’affichage publicitaire

Maîtriser la pression urbaine rétro-littorale et les franges urbaines particulièrement exposées dans les marais

Les dynamiques observées risquent de s’accentuer dans les années à venir. Il est nécessaire de mieux les maîtriser afin de limiter leur impact sur la lisibilité du paysage et son caractère identitaire. Dans un premier temps, il s’agit de globalement limiter la pression urbaine sur les franges des marais afin de préserver la qualité de l’horizon. Par ailleurs, les abords d’infrastructures, du fait de la diffusion urbaine linéaire, soulèvent des enjeux majeurs de structuration du paysage urbain et rural.

  • Assurer un traitement paysager de qualité sur des entrées de bourg en :
    - mettant en avant le bourg et son contexte paysager avant de mettre en avant la route ;
    - travaillant les extensions urbaines pour toujours dessiner des rues ;
    - marquant l’identité du territoire au travers de l’aménagement de l’espace public tout en envisageant une gestion durable.
  • Assurer un développement de l’habitat qui participe à l’identité des paysages urbains en valorisant leur site d’implantation insulaire des marais. Les différentes zones de pressions urbaines observées sur les îles au cœur du marais, mais aussi à ses franges, du fait de la pression de l’agglomération nazairienne, de la pression rétro littorale au sud-ouest et de la RN 165 à l’est, doivent être maîtrisées. Il s’agit la fois de circonscrire l’urbanisation et de protéger le marais
  • Valoriser des formes urbaines diversifiées qui permettent de retrouver des éléments architecturaux identitaires (implantation, gabarit, matériaux…) pour mieux maîtriser les dynamiques d’évolution en cours
  • Maitriser les extensions urbaines pour garantir une gestion économe de l’espace et la lisibilité des paysages et notamment les interfaces ville/campagne. La limite sud de la sous unité doit ainsi être clairement définie et qualifiée. Les coteaux de qualité entourant les marais doivent être par ailleurs préservés
  • Retravailler les façades urbaines aux abords des axes routiers, à l’échelle de la vitesse de lecture des paysages
  • Assurer une perception qualitative des zones d’activités dans le paysage

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