Les dynamiques paysagères du plateau viticole de Sèvre et Maine

Exemple d’évolution caractéristique du secteur de La Haie Fouassière

Dans le cadre de l’analyse des dynamiques paysagères, pour chaque unité paysagère, un secteur particulier est choisi de manière à caractériser, en tant qu’échantillon représentatif de l’unité, une large partie des dynamiques vécues à l’échelle de l’unité. Cette analyse s’appuie notamment sur la comparaison des données cartographiques et des photographies aériennes à différentes époques données. Ce zoom est représentatif mais non exhaustif des dynamiques vécues à l’échelle de l’unité. Les dynamiques de l’unité qui ne s’illustrent pas à travers cet exemple sont donc détaillées à la suite.

Une implantation au surplomb de la Sèvre Nantaise


Le village de la Haie Fouassière s’est implanté en surplomb de la Sèvre Nantaise, sur un plateau viticole. Le village s’est peu à peu développé autour de son église, le clocher représentant un élément significatif marquant dans le paysage. Une voie principale structure le bourg primitif. De petits hameaux dépendants du bourg sont progressivement apparus : petits ports desservant le bourg sur la Sèvre, hameaux viticoles de plateau… Un peu en retrait du bourg principal, un château et son parc boisé dominent le village.
L’expansion urbaine et le développement du modèle pavillonnaire

Les bourgs ont connu une expansion importante de leurs surfaces depuis les années 60. Essentiellement en continuité des implantations historiques, la forme de ce développement est toutefois clairement contrastée par rapport au tissu urbain ancien. Des opérations de lotissements pavillonnaires, sont venues progressivement changer l’échelle des bourgs de l’unité, à l’image de ce qui s’observe sur la commune de la Haie-Fouassière. Cette mutation transforme le paysage. En effet, alors que traditionnellement les bourgs de l’unité étaient généralement très denses, ces derniers s’étalent aujourd’hui sans réellement tenir compte du relief. L’incidence de cette dynamique sur les paysages viticoles est notable puisque cette urbanisation, lâche, s’est développée en gagnant du terrain sur le plateau viticole.
Le rôle de catalyse des infrastructures Le rôle du réseau viaire est particulièrement prégnant sur cette unité paysagère puisque le développement résidentiel est directement lié à la proximité des emplois de l’agglomération nantaise d’une part, mais également aux agglomérations de Cholet ou de la Roche-sur-Yon. La recherche d’une accessibilité s’est donc traduite dans les paysages par un étalement urbain articulé autour des voies. Les grands axes routiers et les gares induisent une forte pression urbaine sur le territoire et un véritable front urbain se développe, morcelant le paysage viticole.
La reprise du trafic ferroviaire avec notamment la réouverture de la ligne Nantes-Saintes, mais également de la liaison vers Cholet représente également un excellent atout pour le développement de l’unité. L’industrie se développe aux abords de la voie ferrée, véritable vecteur de développement. Le fait de posséder une gare est également un véritable atout pour les villes de l’unité. L’accès rapide aux grandes agglomérations de la région attire alors une nouvelle population, mais également des entreprises (de services ou industrielles) qui viennent s’implanter sur la commune, ce qui stimule son économie. La nouvelle liaison Tram-Train Nantes - Clisson, qui traverse l’unité du nord-ouest au sud-est participe au développement urbain des secteurs proches des gares concernées, comme celle de la Haie-Fouassière.

Une simplification de la trame parcellaire et une activité agricole en mutation
La culture viticole demeure l’activité agricole principale de l’unité. On observe cependant une mutation du paysage agricole de l’unité : de nombreuses terres avant destinées à culture de la vigne sont désormais vouées au maraîchage. Ce dernier se développe très rapidement et conquiert chaque jour de nouvelles terres au détriment des cultures traditionnelles.
La comparaison des orthophoto de 1958 et 2013 permet de constater le phénomène de mutation agricole. Les dynamiques de regroupement parcellaires sont visibles et modifient les paysages agricoles dans le secteur de la Haie-Fouassière.
L’élevage est en déclin au sein de l’unité entrainant la fermeture progressive des prairies bocagères et l’expansion des bois et forêts.
La modernisation des pratiques agricoles implique également l’émergence de bâtiments aux volumes imposants qui marquent de nouveaux repères dans les paysages de l’unité.


Une évolution des paysages industriels Autrefois tournée vers la tannerie, la filature, la briqueterie, ou la papeterie, l’activité industrielle se tourne de plus en plus vers l’agroalimentaire. L’usine LU, en limite nord du zoom, à proximité de la voie ferrée, illustre cette dynamique économique qui participe à faire évoluer les paysages de l’unité à travers des installations aux emprises volumineuses.
Entreprise emblématique du secteur, l’usine LU qui occupait autrefois les anciennes rives de Loire à Nantes, participe également à modifier le paysage à travers l’aménagement de l’espace public alentour. Le renforcement des boisements de la vallée de la Sèvre Nantaise La comparaison des orthophotos de 1959 et 2012 pour le secteur de la Haie-Fouassière montre une densification végétale aux abords de la vallée de la Sèvre Nantaise. Ces évolutions sont dues à l’enfrichement de ces secteurs et ont pour conséquence une fermeture visuelle progressive des paysages.

Une intensité progressive des dynamiques urbaines


Des pôles urbains majeurs émergent peu à peu au sein de l’unité. C’est le cas de Clisson, Vallet, Saint-Julien-de-Concelles, Mouzillon ou la Haie-Foussière. De véritables poches urbaines, densément urbanisées se développent en périphérie, structurées autour des axes de liaison entre les différents pôles urbains. Les bourgs et les villages se développent par couronnes autour des bourgs historiques. On voit ainsi apparaître des mutations extrêmement rapides des entrées de ville. Souvent négligées, ces dernières voient se côtoyer nouveaux lotissements urbains et zones d’activités.

Une valorisation du patrimoine viticole

La production viticole est certes, une source importante de revenus au sein de l’unité mais c’est l’activité touristique reposant sur ce patrimoine viticole qui connaît l’évolution la plus marquante. En effet, les domaines viticoles possèdent souvent de magnifiques parcs et châteaux. Un tourisme de découverte se développe autour de ce patrimoine.


L’unité possède également un patrimoine historique et architectural très important comme celui par exemple de la ville de Clisson, très réputé. Dans le cadre de sa politique culturelle et touristique dénommée « Voyage à Nantes », l’agglomération nantaise appuie la découverte du territoire sur le triptyque Nantes, l’estuaire de la Loire et le vignoble nantais.

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