Les dynamiques paysagères du bocage du Lay et de la Vendée

Exemple d’évolution secteur de Bournezeau

Dans le cadre de l’analyse des dynamiques paysagères, pour chaque unité paysagère, un secteur particulier est choisi de manière à caractériser, en tant qu’échantillon représentatif de l’unité, une large partie des dynamiques vécues à l’échelle de l’unité. Cette analyse s’appuie notamment sur la comparaison des données cartographiques et des photographies aériennes à différentes époques données. Ce zoom est représentatif mais non exhaustif des dynamiques vécues à l’échelle de l’unité. Les dynamiques de l’unité qui ne s’illustrent pas à travers cet exemple sont donc détaillées à la suite.


Une implantation à la croisée des anciens axes structurants Bournezau se situe historiquement à la croisée des axes reliant Montaigu à Fontenay-le-Comte et La Roche-sur-Yon à Fontenay-le-Comte. Les premières constructions s’implantent en surplomb de la rivière du Doulaye, qui traverse le bourg selon un axe nord-sud, en répondant aux schémas traditionnels des morphologies urbaines anciennes, avec une formation dense à l’alignement contribuant à créer la rue.

L’empreinte paysagère des infrastructures nouvelles
La comparaison des photographies aériennes montre que le secteur de Bournezeau est profondément marqué par l’inscription paysagère des infrastructures routières. Celle-ci s’enclenche avec l’aménagement de l’Autoroute A83, axe structurant d’échelle nationale reliant la région nantaise à l’A10 qui dessert le sud-ouest de la France. L’infrastructure autoroutière imposante, de par sa linéarité et son emprise au sol, traverse le secteur de Bournezeau à l’est du bourg, venant catalyser le développement qui s’effectuait majoritairement vers l’ouest auparavant. Son empreinte visuelle sur le secteur est accentuée par l’aménagement d’un échangeur autoroutier et d’une gare de péage. Ces installations ont depuis été prolongées par le contournement sud du bourg qui permet d’améliorer la liaison entre l’échangeur autoroutier et La Roche-sur-Yon notamment. Ces deux axes marquent une limite claire à l’espace aggloméré de Bournezeau, et participent à en redéfinir l’échelle, beaucoup plus large que le bourg en lui-même. Ainsi, les espaces interstitiels entre le tissu bâti les infrastructures de déplacements constituent un paysage qui à terme, en l’absence d’orientation particulière va évoluer vers un paysage urbain. La mise en 2x2 voies prévue en 2017 de la RD 948b sur le tronçon Bournezeau-Chantonnay poursuivra les dynamiques en cours.

L’implantation des activités économiques à proximité des infrastructures
La prolifération des infrastructures de transport a des conséquences en termes de développement des zones d’activités. La mise en réseau du secteur de Bournezeau avec le raccordement aux axes structurants et l’amélioration des conditions de desserte génèrent des opportunités pour l’implantation des nouvelles activités économiques. A l’est du bourg, en lien avec les infrastructures permettant un accès rapide à l’autoroute et une visibilité efficace depuis l’espace public, plusieurs bâtiments d’activités s’installent, contribuant de par leur volumétrie, leur colorimétrie et leurs affichages publicitaires à marquer fortement le paysage.


Un développement pavillonnaire en extension du bourg La comparaison des orthophotos de 1959 et 2010 illustre le développement urbain soutenu qui s’opère autour du bourg de Bournezeau depuis plusieurs décennies. Si un phénomène d’urbanisation linéaire est visible le long de RD 7 au nord du bourg, le phénomène le plus visible est celui de l’extension urbaine vers le sud-ouest, entre la formation ancienne et la voie de contournement au sud. La structure en étoile du bourg est accentuée par des aérations paysagères entre les différentes branches de l’étoile. Ce séquençage s’illustre par la présence de cours d’eau (la Doulaye notamment) ou de boisements. Contrairement au modèle ancien dans lequel l’implantation des constructions était à l’alignement sur la rue avec des implantations resserrées, les formes urbaines récentes se caractérisent par une composition plus lâche avec un système viaire non hiérarchisé. Plus récemment, le phénomène d’extension pavillonnaire s’inscrit dans le paysage à l’est du bourg, de manière déconnectée du tissu urbain, à proximité de la zone d’activités et de l’échangeur autoroutier.
Le développement des retenues d’eau qui modifient profondément le paysage local Aménagé en 1998, le barrage de la Vouraie entraîne le gonflement du dernier né des lacs vendéen, le Lac de Sillonière, situé sur la commune de Bournezeau et Saint-Hilaire-le-Vouis. Cette retenue d’eau de 75 hectares pour 5,4 millions de m3 d’eau approvisionne l’usine d’eau potable de l’Angle Guignard. Cet aménagement créé ainsi une nouvelle entité physique au sein du paysage. Il est accompagné d’aménagement du type circuit de randonnée, aires de stationnement qui permettent l’appropriation à vocation ludique du lieu. L’unité paysagère du bocage du Lay et de la Vendée présente sept retenues d’eau au niveau des principales vallées (barrages sur le Graon, le Marillet, la Vouraie, barrage d’Angle Guignard sur le Lay, barrages d’Albert et de Mervent sur la Vendée et barrage de Pierre Brune sur la Mère). Les abords des lacs ainsi constitués, au-delà de leur fonction de réservoir d’eau potable, sont régulièrement le support de sites de randonnée, et de bases de loisirs nautiques.
Un paysage agricole qui évolue Dans la logique des tendances observées sur la majorité des territoires, le secteur de Bournezeau connaît une modification de ces paysages agricoles avec des tendances au regroupement parcellaire. Si l’évolution de l’activité agricole est une de causes de ces dynamiques paysagères, elle n’est pas la seule. En effet, le secteur de Bournezeau se distingue particulièrement par la prolifération des infrastructures routières, phénomène qui participe largement à la redéfinition de la trame parcellaire. Le maillage bocager, qui constitue l’un des éléments phares de l’identité paysagère des lieux, subit directement les conséquences de ces tendances. Ainsi, on assiste ainsi à une diminution du linéaire de haies. Il faut noter cependant que le maillage bocager résiste globalement bien à ces évolutions avec un maintien voir un renforcement des réseaux autour des parcelles devenues plus grandes, mais également une tendance à la fermeture des vallons et des abords de la retenue d’eau.

Dynamiques urbaines


L’unité paysagère du bocage du Lay et de la Vendée connaît des dynamiques constructives assez contrastées sur un gradient ouest-est. La partie orientale, à l’écart de l’influence de La Roche-sur-Yon et des grands axes, connaît un rythme de constructions plus ralenti. La cartographie relative aux dynamiques constructives montre que les pressions les plus importantes ont lieu sur la partie ouest de l’unité, en appui des axes routiers structurants et des pressions issues de l’aire d’influence yonnaise. Conformément aux dynamiques paysagères enregistrées dans le secteur témoin de Bournezeau, le développement urbain lié à l’habitat se fait prioritairement sous la forme d’un tissu pavillonnaire en extension des bourgs ou le long des linéaires de voies rurales. L’évolution des paysages péri-urbains s’oriente ainsi vers une homogénéisation des paysages bâtis au travers d’un habitat pavillonnaire reproductible. Ce développement contribue à atténuer les limites entre l’urbain et le rural.

Le renforcement des infrastructures routières marque le paysage

Le paysage de l’unité du Lay et de la Vendée se caractérise par un réseau viaire secondaire assez sinueux, qui s’efface assez bien dans les reliefs accidentés de l’unité, et notamment dans la sous-unité paysagère du plateau du Lay. Les dynamiques actuelles vont cependant vers un renforcement des infrastructures routières et autoroutières, qui, malgré l’absence d’échangeurs imposants, contribuent peu à peu à modifier le paysage, surtout sur la moitié ouest de l’unité avec les axes autoroutiers A83 et A87, la 2x2 voies RD 948 reliant Bournezeau (et bientôt Chantonnay) à La Roche-sur-Yon. Les aménagements associés à ces voies, à mesure de leur renforcement, contribuent à marquer toujours plus le paysage, notamment dans un contexte d’ouverture des paysages au sein du plateau de l’Yon.

Les pressions vécues en termes de développement des zones d’activités à proximité des axes structurants se font surtout sentir à proximité de l’aire urbaine yonnaise, notamment au niveau de la zone industrielle de La Folie à La Chaize-le-Vicomte située à proximité de l’échangeur de l’A87 et de la RD 948. Sur ce secteur, les bâtiments d’activités s’enracinent dans le paysage des abords de la RD 948.


Des tendances à l’ouverture des paysages ruraux

La présence d’un maillage bocager dense contribue à forger l’identité paysagère de l’unité. Contrairement à d’autres territoires, le tissu bocager est resté relativement dense, bénéficiant notamment de la protection des reliefs mouvementés qui limite l’intensification de l’activité agricole. Cependant, d’est en ouest, les dynamiques liées au paysage rural varient. Ainsi, au sein de la sous-unité du plateau de l’Yon, si la trame bocagère reste dense sur les coteaux et dans les vallées, des tendances à l’ouverture des paysages s’affirment sur les plateaux, en lien avec le développement de l’activité agricole, notamment de céréaliculture. La diminution des linéaires de haies ouvre de larges panoramas et révèle les bâtiments agricoles, auparavant masqués par le bocage. De même, ces évolutions tendent à augmenter la visibilité des extensions urbaines. A l’extrémité est de l’unité, la macro-clairière autour de Foussais-Payré présente également un paysage de grande culture céréalière.
Entre Mareuil-sur-Lay et Rosnay, l’ouverture du paysage est accentuée par la présence d’une enclave viticole, à la base de la production des Fiefs Vendéens.


Le maintien d’un bocage dense et des boisements en appui d’un relief vallonné

Les tendances à l’ouverture du paysage observées au niveau du plateau bocager de l’Yon ne sont pas une constante de l’unité paysagère du bocage du Lay et de la Vendée. En effet, le paysage vallonné de l’unité s’illustre par un réseau bocager très dense dont la préservation est due en partie aux caprices des reliefs qui rendent compliqué l’intensification de l’activité agricole.

La pratique agricole est ainsi liée essentiellement à la polyculture et à l’élevage. De l’ouest de la forêt de Mervent à la vallée du Lay, on assiste à une alternance paysagère de petits bourgs ruraux, et de vallées plus ou moins larges, souvent lieu de pâture de maigres troupeaux d’ovins.

L’horticulture est également présente dans ce secteur et les grandes serres en lien avec l’activité, contribuent parfois à créer un effet de rupture dans un cadre paysager où alternent harmonieusement bâti ancien et vallées bocagères.




Des dynamiques de valorisation du patrimoine naturel

L’unité paysagère du bocage du Lay et de la Vendée se distingue par la richesse de son patrimoine naturel et architectural. Dans le cadre de l’attractivité grandissante du tourisme dit « vert », les atouts dont bénéficie le territoire font d’ores et déjà l’objet d’une valorisation qui s’articule autour de quelques éléments phares.
Dans ce cadre, le massif forestier de 5000 hectares de Mervent-Vouvant présente une végétation dense et variée, des reliefs escarpés, entaillés par la rivière de la Mère, qui sont les principaux supports de l’attractivité du lieu. D’autres sites et activités contribuent à renforcer la vocation touristique des lieux : le barrage de Mervent, le patrimoine bâti (stèle, ponts, lieu de pèlerinage, zoo, base nautique, centre VTT…). Le développement d’une économie d’hôtellerie-restauration s’inscrit sur les franges du massif.


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