Les dynamiques paysagères des plaines et coteaux du Saumurois

(Source : PADD du PLU de Montreuil-Bellay)


Par ailleurs le secteur de Fontevraud connaît également une activité viticole très dynamique. La comparaison des registres parcellaires graphiques de 2008 et 2012 montre une augmentation du nombre de parcelles liées à l’exploitation viticole.

Secteur de Fontevraud - L’Abbaye - Comparaison RGP 2008 et 2012



Une progression des peupleraies La comparaison des orthophotos de 1950 et 2012 permet de constater un développement des peupleraies aux abords du Thouet. Cette évolution est d’ailleurs assez marquée entre les deux rives urbanisées. La conséquence directe de cette évolution est la fermeture progressive des paysages de la vallée qui occulte ponctuellement la présence visuelle de la rivière.
Ces dynamiques qui contribuent à la fermeture des vallées sont par ailleurs perceptibles dans le reste de l’unité des plaines et coteaux du Saumurois. Si dans le secteur de Montreuil-Bellay, le développement des peupleraies est la cause principale de la fermeture de la vallée, dans d’autres secteurs, l’enfrichement végétal simple des abords de la vallée en lien avec la diminution des prairies de pâtures notamment, provoque une diminution de la visibilité et de l’accessibilité du Thouet.

Une diffusion urbaine vers le sud-est et les coteaux nord A partir de l’agglomération historique et centrale de la ville fortifiée, et des premiers développements urbains extra-muros à partir du XIXème, le bourg de Montreuil-Bellay a connu un développement urbain qui s’est principalement dirigé vers le sud-est de part et d’autres de la route de Loudun ainsi que sur les coteaux nord surplombant le Thouet. Récemment le développement urbain a continué de diffuser sur les coteaux nord surplombant le Thouet, sous forme pavillonnaire. Dans un contexte de paysage ouvert, de nouveaux enjeux liés à la perception des franges urbaines s’imposent dans ce secteur. Par ailleurs, la route de Loudun a également fait l’objet d’une diffusion urbaine conséquente depuis 1950. Là encore, la diffusion urbaine vers le sud-est s’est réalisée principalement sous forme pavillonnaire, même si plusieurs opérations ont favorisé l’émergence d’un habitat individuel dense ou de petits immeubles collectifs. Les extensions urbaines vers l’est se sont également opérées par l’aménagement des équipements de type sportifs (stade…).

Les infrastructures de déplacement se renforcent Montreuil-Bellay se situe sur un point stratégique au carrefour de quatre branches permettant de relier Angers et Saumur (au nord) à Niort et Poitiers (au sud). Cette position source de carrefours routiers nombreux a favorisé l’aménagement d’une voie de contournement de la RD 347 à l’ouest du bourg. Cette nouvelle infrastructure s’est accompagnée de la création de giratoires au niveau des entrées de ville, ainsi que d’un nouveau point de franchissement du Thouet. L’aménagement du contournement pose la question de la perception des franges urbaines dont l’exposition se trouve accentuée depuis la nouvelle déviation, mais également du devenir des terres enclavées entre la déviation et l’espace urbanisé.

L’unité paysagère des plaines et coteaux du Saumurois est concernée par la présence d’axes d’intérêt régional structurant qui sont régulièrement en cours de renforcement durant les dernières décennies. Des infrastructures routières marquantes traversent ainsi cette unité et relient les trois centres urbains (Saumur - Doué-La-Fontaine - Montreuil-Bellay). Le schéma départemental routier du Maine-et-Loire a fait l’objet d’une révision en 2012. Il prévoit la finalisation de la mise à 2x2 voies de la RD 960 entre Saumur et Cholet. L’autre axe majeur du territoire, à savoir la RD 761 reliant Angers à Montreuil-Bellay via Doué-la-Fontaine est d’ores et déjà partiellement réaménagé, notamment sur la section reliant Brissac-Quincé à Doué-la-Fontaine (ouverture en 2010 de la déviation en 2x2 voies au sud-ouest de Saulgé-l’Hôpital). Le développement de la RD 761 a par ailleurs donné lieu à l’aménagement de voies de contournement des bourgs qui étaient historiquement traversés par cet axe majeur. Les bourgs de Saulgé-L’Hôpital, de Noyant-la-Plaine et d’Ambillou-Château sont notamment concernés par ces évolutions avec comme conséquence directe des enjeux nouveaux en termes de visibilités des franges urbaines. Une autre conséquence de ces dynamiques réside dans la multiplication des infrastructures complémentaires de type « sorties routières » qui créent des délaissés de voiries.

Un développement diffus des activités économiques vers le sud-est de Montreuil-Bellay
Le site de Montreuil-Bellay connaît déjà au XIXème siècle un développement industriel important qui bénéficie notamment de la desserte ferroviaire branchée sur un axe structurant. Cette première accélération du développement économique a contribué à diffuser la ville vers le sud-est.

La comparaison des orthophoto de 1950 et 2012 montre que Montreuil-Bellay a connu un développement des zones d’activités très soutenu depuis 1950. Au-delà du site de la Petite Champagne situé en continuité du bourg le long de la RD 347, un autre site, la zone industrielle de Meron, s’est développé plus loin le long du même axe. Cette zone s’étend sur 210 hectares. La présence de bâtiments très volumineux et l’absence d’accompagnement paysager aux abords de cette zone d’activités créent des enjeux paysagers importants dans ce secteur.



Le reste de l’unité paysagère des plaines et coteaux du Saumurois est également concerné par le développement des zones d’activités aux abords des voies principales. Dans certains secteurs, ce développement a été particulièrement soutenu. Ainsi, entre Doué-la-Fontaine et Saumur, la zone d’activités du Champ Blanchard s’étend le long de la RD 960 sur près de deux kilomètres, contribuant à la création progressive d’une forme de continuum urbain à vocation économique qui impacte la qualité paysagère la principale entrée de ville depuis l’ouest de Saumur. » Le développement et le renforcement des axes routiers principaux ont par ailleurs favorisé l’aménagement de zones d’activités à leurs abords. Outre les enjeux liés à l’intégration paysagère des bâtiments d’activités en situation d’entrée de ville, de nouvelles problématiques en lien avec la vacance de ces zones émergent. En effet, à l’image de l’exemple suivant dans le secteur d’Ambillou-Château, les parcelles aménagées, viabilisées mais vacantes contribuent à créer une forme de paysage « en attente » peu qualitative.
Un patrimoine paysager valorisé L’unité paysagère des plaines et coteaux du Saumurois abrite un patrimoine architectural et urbain particulièrement riche avec des sites monumentaux (Fontevraud-L’Abbaye, Montreuil-Bellay, des sites troglodytiques…) ou plus modestes ou dispersés (église, hôtels particuliers, hameaux anciens, patrimoine viticole…). A l’image de ce qui est observé dans le secteur de Montreuil-Bellay, aux abords du château et dans le bourg historique de Fontevraud-L’Abbaye, les efforts entrepris par les acteurs locaux en vue de la valorisation du patrimoine ont entraîné des interventions sur l’espace public conséquente : requalification de l’espace public, design urbain, parc paysager…
Par ailleurs, au nord de l’unité paysagère, le patrimoine bâti des bourgs et hameaux fait l’objet de réhabilitation et de rénovations assez nombreuses, conséquences de l’attractivité résidentielle. En effet, la proximité de l’agglomération angevine et la présence d’un patrimoine riche encouragent la remobilisation du parc ancien à vocation habitat.

Des pressions plus importantes au sud de l’unité paysagère

La carte des dynamiques constructives de l’unité des plaines et coteaux du Saumurois sur la période 2007-2011 montre que les rythmes de construction les plus soutenues ont été enregistrés au niveau des pôles principaux en premier lieu (Doué-la-Fontaine, Montreuil-Bellay et Saumur) et de leur périphéries (Distré notamment).



L’orthophoto de 2013 permet de constater la forte diffusion de l’urbanisation saumuroise vers le sud. De part et d’autre de la D347 qui pénètre dans la ville depuis l’ouest, des modèles d’urbanisation homogène dans leur architecture diffèrent dans leur densité. Ainsi dans le secteur de Terrefort et des Aubrières, des modèles de diffusion assez lâches étendent la ville tandis que les développements urbains surplombant le Thouet sur la rive gauche offrent des modèles pavillonnaires plus denses.
Doué-la-Fontaine : Avec l’aménagement du contournement sud du bourg, de nouveaux enjeux de visibilités sur les extensions pavillonnaires du sud émergent. Ces évolutions menacent d’enclaver les terres agricoles situées entre l’espace urbanisé et la voie.
Par ailleurs, le nord de l’unité connaît une forme de développement urbain en lien avec l’influence de l’agglomération angevine. Ainsi, ce secteur connaît une attractivité particulière qui s’exprime à travers la rénovation du bâti ancien, mais également une forme de mitage aux abords de petits bourgs et hameaux. De nouveaux modèles, notamment à Blaison-Gohier, proposent un habitat individuel dense qui répond aux enjeux de limitation de la consommation foncière.


Des infrastructures imposantes



Par ailleurs, l’unité paysagère a connu le développement d’équipements qui ont contribué à l’émergence de paysage spécifique. Ainsi, dans le secteur de Fontevraud-L’Abbaye, le camp militaire s’est constitué sur un site de 3250 ha au milieu de la forêt de Fontevraud. De même, les aménagements en lien avec l’activité en place ont multiplié des infrastructures de type routier au sein de l’espace boisé. D’autres infrastructures en lien avec les exploitations de carrières sont présentes dans l’unité. Au sud de Doué-la-Fontaine, les gisements de faluns font l’objet d’une activité d’extraction. Le Schéma départemental des carrières de 2005 indique que l’exploitation du site était en régression et menée de façon épisodique. Si l’orthophoto affiche une emprise imposante du site d’exploitation, cette activité reste cependant peu visible depuis les espaces environnants. Par ailleurs, au nord de l’unité paysagère, un autre site de carrière est exploité au niveau des Alleuds. Là encore, le site, accompagné de talus l’entourant est peu visible dans le paysage.

Des troglodytes en cours de valorisation

Les troglodytes de coteau et de plaine sont très présents dans la région de Saumur. Une des dynamiques prégnantes de l’unité consiste en leur valorisation et en leur attractivité touristique. Ce type d’habitat, délaissé à partir du milieu du XXème siècle, est aujourd’hui considéré comme un patrimoine original de l’Anjou. Sa réutilisation et donc sa pérennité sont désormais possibles à travers la création de centres d’hébergements ou par la réhabilitation en habitat principal ou secondaire. On parle donc ici d’initiatives privées de réhabilitation pour l’habitat et de projets touristiques. Le cas de Louresse-Rochemenier représente un exemple intéressant des mutations connues depuis plusieurs décennies par les sites troglodytiques.

D’autres exemples de mise en valeur récentes des sites troglodytiques peuvent être évoqués : Le site des Perrières à Doué-la-Fontaine qui regroupe environ 4,5 hectares d’anciennes carrières d’extraction souterraine des 18ème et 19ème siècles creusées dans le falun. Après avoir servi de champignonnières et d’habitat troglodytique, une partie de ces carrières a été réhabilitée courant des années 1980 par la commune pour proposer des locations de salles, un centre d’hébergement de groupe et un circuit de visite des Cathédrales Troglos. Le parc zoologique de Doué-la-Fontaine offre également un exemple de requalification de site troglodytique.

Une filière rose et pépinières en développement

Tradition vieille de deux siècles, la production de rosiers est une activité bien ancrée dans le paysage du bassin douessin. On compte aujourd’hui une trentaine de pépiniéristes dans la région de Doué la Fontaine, représentant plus de 45% de la production nationale. Doué et ses communes alentours sont ainsi considérés comme le 1er centre de production en Europe avec plus de 7 millions de rosiers produits annuellement. Afin de maintenir cette activité en place, une plate-forme régionale d’innovation pour la rose et la pépinière du bassin douessin a été créée. (Source : Le Lien Horticole. Doué-la-Fontaine – La filière rose et pépinière se mobilise. Consulté en 06/2015))


Source bibliographique

  • J.-B. HUMEAU et H. DAVODEAU. Dossier Étude de l’Atlas de paysages de Maine et Loire (1999 – 2001), volet dynamique réalisé par le Laboratoire du département de géographie de l’université d’Angers.

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